Alors que le gouvernement propose timidement des aides à certaines professions, il reste réticent à réduire les taxes qui alourdissent le prix des carburants, essentielles pour le budget de l'État. Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes, lance un cri d'alarme face à une rigidité qui, selon lui, pourrait mener l'économie française à la catastrophe.
Selon Valeurs actuelles, alors que les finances publiques souffrent, le gouvernement refuse de diminuer les taxes sur le carburant. Il a néanmoins annoncé un dispositif d'aides pour les « grands rouleurs » et certaines professions, notamment les agriculteurs et transporteurs. Chasseray réagit avec indignation : « C'est une honte ! Ce mépris à l'égard des Français est inacceptable ! » Il déplore le fait que Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités territoriales, considère qu'une baisse de la fiscalité serait « inutile », tout en rappelant que les citoyens subissent de plein fouet la flambée des prix.
Il considère que la véritable dépense ne réside pas dans une réduction des taxes, mais bien dans l'inaction : « Si le carburant devient trop cher, les Français ne travailleront plus, impactant toutes les activités économiques. » Ce que Chasseray décrit comme un « impôt sur le droit de vivre » constitue selon lui la pire des décisions économiques.
L'expert plaide en faveur d'une réduction de la fiscalité sur le carburant au minimum requis par les directives européennes. En supprimant certaines taxes, il affirme qu'un litre d'essence à 2 euros pourrait voir son prix réduit de 80 centimes, ce qui relancerait la consommation et favoriserait la croissance. « La TVA pourrait être abaissée à 5,5 % comme pour les produits de première nécessité », explique-t-il.
Il souligne le décalage entre les décisions d'autres pays voisins, comme l'Espagne et l'Italie, qui ont déjà pris des mesures fiscales en réponse à la hausse des prix. Alors que Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, minimisait l'impact de la hausse des prix sur le citoyen lambda, Chasseray se montre acerbe : « Cette déconnexion de nos dirigeants est alarmante ! »
Depuis quelques semaines, Chasseray a lancé l'opération « Balance ton plein », invitant les Français à faire remonter les témoignages sur les coûts des pleins. En à peine quinze jours, il a reçu des centaines de milliers de messages, révélant des histoires poignantes de personnes incapables de se déplacer faute de moyens. Il partage ces récits : « Une infirmière à domicile, des retraités désargentés, des jeunes précaires… Leur voix doit être entendue ! »
À la lumière de l'augmentation continue des prix, il se demande si des manifestations similaires aux « Gilets jaunes » pourraient reprendre. Pour lui, c'est un signe inquiétant de mécontentement populaire. « Les frontaliers de l'essence sont à bout », déclare-t-il.
Chasseray critique également les mesures de contrôle instaurées pour s'assurer que les stations-services ne profitent pas de la situation ; il juge que ces initiatives, en réalité, ne font qu'accroître les inégalités entre les grandes surfaces et les petites stations. « Sur chaque litre à 2 euros, l'État perçoit 1,17 euros sous forme de taxes. C'est de là que proviennent les plus grands bénéfices », soutient-il.
Pour conclure, Pierre Chasseray milite pour une approche radicalement différente en matière de fiscalité : « Il ne devrait y avoir aucune taxe sur la mobilité, car c'est ce qui nourrit l'économie et favorise l'emploi. »







