Tout commence sur les réseaux sociaux. En avril 2022, le milliardaire Elon Musk annonce son projet de racheter Twitter pour 44 milliards de dollars. Quelques semaines plus tard, la situation prend un tournant inattendu.
Sur Twitter, Musk déclare que l'accord est "temporairement suspendu", invoquant des préoccupations concernant le nombre de faux comptes. Les marchés, alors, réagissent vivement, entraînant une chute brutale de l'action.
Des tweets aux répercussions dramatiques
Dix-huit mois plus tard, un jury de San Francisco a statué qu'Elon Musk a induit les actionnaires en erreur alors qu'il tentait de renégocier le rachat de Twitter. Le Financial Times rapporte que des messages de Musk publiés en mai 2022 affirmaient que la transaction ne pouvait avancer que si Twitter prouvait que moins de 5% de ses comptes étaient des bots.
Les plaignants soutiennent que Musk, alors qu'il avait déjà signé un accord, avait cherché à soutenir ses propres intérêts financiers, en contrecarrant l'ensemble de l'opération.
Cette communication a causé une chute de l'action de Twitter de 17% en seulement deux jours, poussant plusieurs investisseurs à vendre leurs actions à perte. Pour ces derniers, la destruction de valeur ne résultait pas d'un simple désaccord, mais d'une tactique délibérée de Musk pour renégocier un meilleur prix à la baisse.
Musk n'est pas le seul en jeu
Après qu'Elon Musk a tenté de se retirer de l'accord, Twitter l'a poursuivi au Delaware pour l'obliger à respecter ses engagements. Avant le début de cette action judiciaire, Musk a finalement accepté de donner suite à son offre initiale. Le balancier des fluctuations de l'action a lourdement affecté de nombreux petits investisseurs.
"C'est un exemple flagrant de ce qu'il ne faut pas faire à l'investisseur ordinaire, y compris ceux qui comptent sur leur épargne retraite", a déclaré Joseph Cotchett, avocat des plaignants, à CNBC.
"Le réel enjeu ici, ce n'est pas tant Musk que la protection des investisseurs", a-t-il constaté, tandis que les avocats de Musk soutiennent qu'il exprimait des préoccupations légitimes sur les données financières de Twitter.
Le jury a estimé que les messages de Musk constituaient des déclarations fallacieuses ayant un impact direct sur le prix de l'action. Néanmoins, l'idée de fraude intentionnelle a été rejetée.
Ce procès, qui a duré plusieurs semaines, a vu des anciens cadres de Twitter, des banquiers et des avocats témoigner. Musk a reconnu qu'il aurait pu mal évaluer certaines de ses déclarations.
Des conséquences mesurées
"Peut-être que ce tweet n'était pas l'un de mes choix les plus judicieux", a admis Musk dans son témoignage. "Je ne suis pas certain qu'on puisse vraiment le qualifier de stupide, mais il a clairement conduit à ce procès".
Les montants des dommages retenus par le jury pourraient atteindre 2,6 milliards de dollars, comme l'ont souligné les avocats. Cependant, Musk et son équipe ont qualifié le verdict d'un simple revers, affichant une confiance quant à un futur appel.
Pour Musk, habitué à sortir vainqueur de divers procès, cette décision est davantage un revers symbolique qu'une menace financière. Avec une fortune estimée à des centaines de milliards de dollars, les éventuels dommages restent marginaux. Ses avocats prévoient également de faire appel de la décision.







