À Saint-Geours-de-Maremne, La Fabrique Matéria, fondée par Thomas Cabaret, s’attaque à un problème majeur : les chutes de cuir générées par l'industrie. En Nouvelle-Aquitaine, pas moins de 147 entreprises se consacrent à la transformation du cuir, et selon les méthodes de production, entre 20 % et 70 % d’une peau peut être considéré comme chute lors de la fabrication. Cela représente environ 1900 tonnes de déchets chaque année.
Pour éviter le gaspillage de ce matériau précieux, cette entreprise landaise a développé un procédé innovant de transformation. Les chutes, principalement récupérées auprès de fabricants de selles de luxe, sont broyées et mélangées à un liant éco-responsable breveté. Ces procédés permettent de donner une seconde vie à des matériaux souvent négligés.
Le résultat est un matériau composite, plus épais et rigide que le cuir d'origine, qui n'est pas destiné à la création de sacs ou d'accessoires, mais plutôt à l'aménagement intérieur. Sous forme de plaques, il peut habiller des murs avec des propriétés acoustiques intéressantes, et peut même être travaillé comme du bois pour concevoir du mobilier.
Chaque production conserve une identité visuelle unique : les couleurs varient selon les gisements de cuir, ce qui permet aux architectes et designers de créer des aménagements sur mesure. Cette approche se distingue non seulement par son esthétique, mais aussi par son engagement envers l'économie circulaire.
Installée depuis peu, La Fabrique Matéria ne se contente pas de transformer des déchets, elle donne aussi une nouvelle valeur à la matière existante, réduisant ainsi la dépendance aux ressources vierges. Comme l'indique une étude menée par l’Institut supérieur des matériaux durables, cette innovation pourrait bientôt devenir un modèle à suivre dans la lutte contre la surconsommation des matières.







