Le Livret A, traditionnellement populaire parmi les épargnants français, connaît une période de désaffection, selon les dernières statistiques divulguées par la Caisse des dépôts le 22 janvier. Pour la première fois depuis 2015, les retraits ont largement dépassé les dépôts, atteignant une décollecte nette de 2,12 milliards d'euros en 2025, telle que signalée par Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d’épargne de la CDC.
« C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique », a-t-il commenté lors d’une récente conférence. La baisse continue des taux de rémunération, tombés de 3 % à 1,7 % sur l’année, a incontestablement pesé sur cet engouement, provoquant une redirection des épargnants vers des produits plus attractifs, en particulier l'assurance-vie.
Bien que la capacité d’épargne des Français demeure élevée—environ un euro sur cinq est épargné—, la crainte économique et l'incertitude quant à l'avenir alimentent cette tendance. Comme l'indiquent les données de l'INSEE, cette épargne pourrait être mise à profit d'autres manières.
Des expertises montrent que le taux de rendement moyen des fonds euros de l'assurance-vie s'établit à environ 2,65 %, bien supérieur au Livret A, malgré les prélèvements fiscaux qui s’y appliquent. Ce décalage entre rendement et sécurité favorise un changement d'allocations pour de nombreux épargnants.
De plus, les banques, qui trouvent le Livret A coûteux à gérer, ne lui ont pas prodigué le soutien nécessaire. Les institutions économiques, y compris le ministère de l'Économie et la Banque de France, ont également encouragé le financement de placements plus risqués, augmentant ainsi la concurrence sur le marché de l'épargne.
Cependant, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a enregistré une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Ensemble, ces deux produits d'épargne ont généré un total d'intérêts de 12,64 milliards d'euros pour les épargnants, comme le souligne la CDC.







