Le Livret A, traditionnellement prisé par les Français, connaît un revers de fortune. En 2025, pour la première fois depuis 2015, les retraits ont surpassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros. Cette situation, qualifiée de « décollecte nette » par la Caisse des dépôts (CDC), résulte d'une concurrence accrue de l'assurance vie, qui offre davantage d'attractivité.
Ce phénomène a été mis en lumière par Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d’épargne de la CDC, lors d'une récente conférence de presse. Il a déclaré : « C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique », surtout depuis que le taux de rémunération du Livret A a chuté. Cette baisse se confirme avec une rémunération qui est passée de 3 % à 1,7 % en août 2025, incitant ainsi les épargnants à explorer d'autres options.
Concurrence avec l’assurance vie
Selon l'INSEE, les Français continuent d'épargner de manière soutenue, conservant près d’un euro sur cinq de leurs revenus. Ce comportement prudent est alimenté par des incertitudes économiques. Toutefois, l'attrait du Livret A est fragilisé par sa rémunération peu compétitive. Pendant ce temps, les fonds euros d’assurance vie, affichant un taux de rendement moyen de 2,65 %, attirent de plus en plus les épargnants. Étant soumis à des prélèvements sociaux, ces fonds demeurent, cependant, plus risqués comparativement au Livret A, qui reste exonéré de fiscalité.
Marc Campi, consultant chez Square Management, met en garde contre une nouvelle réduction du taux à 1,5 % prévue pour février, une mesure qui ne devrait pas renverser les tendances actuelles. En effet, les banques, qui trouvent le Livret A coûteux, se montrent moins enclines à promouvoir ce produit d'épargne réglementé.
À l'heure où la dynamique de l'épargne continue d'évoluer, le Livret A devra faire face à un défi croissant pour reconquérir le cœur des épargnants.







