À Hudiksvall, en Suède, huit familles d'une copropriété utilisent leurs voitures électriques non seulement pour se déplacer, mais aussi pour alimenter le réseau électrique, un système qui leur permet de réduire leurs factures d'énergie.
"Nous sommes presque autosuffisants en électricité. En période de forte consommation, nos véhicules peuvent soutenir le réseau", a déclaré Filip Kiltorp, un résident ravi.
Dans cette charmante zone résidentielle, les véhicules sont constamment reliés à une borne de chargement commune. Ils se rechargent en période de surplus d'électricité et renvoient de l'énergie lorsque le réseau en a besoin, une méthode qui permet de lisser la demande, surtout l'hiver, selon Klas Boman, instigateur du projet.
Ce fonctionnement repose sur des bornes bidirectionnelles, contrôlées par un logiciel intelligent, capable d’analyser les besoins énergétiques locaux.
"Ce logiciel détermine le mode d’utilisation, facilement ajustable", précise Boman.
Les batteries des voitures jouent un rôle essentiel dans la stabilisation du réseau électrique, agissant comme une réserve d'énergie. Les habitants bénéficient alors de tarifs d'électricité plus avantageux.
"Vivre ici est indéniablement moins coûteux. Nous utilisons autant d'électricité que les propriétaires de maisons, mais nos factures sont significativement réduites", ajoute Filip Kiltorp.
La copropriété exploite plusieurs sources d'énergie, incluant des panneaux solaires, une pompe à chaleur et des batteries stationnaires.
Le projet pilote BRF Stenberg, mené en partenariat avec Volkswagen et le fournisseur suédois Vattenfall, vise à démontrer la viabilité de la technologie V2G (Vehicle to Grid) à l'échelle résidentielle.
"Nous espérons servir d'exemple pour d'autres projets similaires", déclare Klas Boman, ancien employé de l'industrie automobile.
Cette approche est également explore dans des établissements de plus grande envergure à travers la Suède. Par exemple, à Gävle, une coupure de courant a été mise en scène lors d'un discours ministériel, où une voiture électrique branchée a fourni de l'énergie temporairement.
"Je considère cela comme une batterie sur roues", affirme Nicholas Etherden, professeur en systèmes énergétiques à l'université de Gävle, en détaillant le potentiel de cette technologie.
"Les véhicules ne sont utilisés que 5% du temps. Les 95% restants, ils sont stationnés. En les connectant au réseau, nous avons à notre disposition une ressource d'énergie abondante", souligne-t-il, tout en mentionnant l'importance de charger les voitures lorsqu'électricité est à moindre coût.
Le potentiel de cette technologie est impressionnant, capable de fournir l’énergie d’un foyer pendant 5 à 7 jours, selon les experts. Toutefois, des défis demeurent pour son déploiement à grande échelle.
La généralisation de cette innovation dépendra d'une adoption plus large des véhicules électriques, un domaine où la Suède accuse un léger retard par rapport à ses voisins, la Norvège et le Danemark.
De plus, la bureaucratie et une industrie automobile conservatrice freinent son avancement, comme le note Lina Bertling Tjernberg, professeur à l'Institut royal de technologie (KTH) à Stockholm.
Pour elle, chaque véhicule électrique devrait être équipé d'une capacité de recharge bidirectionnelle pour propulser cette technologie. Cependant, elle souligne l'absence d'incitations durables pour encourager cette transition.
Concernant la longévité des batteries, un sujet de débat, elle observe : "Les batteries semblent durer plus longtemps que prévu". Nicholas Etherden renchérit, affirmant : "L'usure de la batterie est comparable à celle subie lors d'une accélération douce".







