Depuis le 1er mai 2026, Amsterdam a pris une décision significative dans son espace public en bannissant les publicités liées à la viande et aux énergies fossiles. Cette initiative, qui suscite de vifs débats, témoigne d'une volonté claire de lutter contre le réchauffement climatique.
Avec ce changement, les abribus et stations de métro ne présentent plus les publicités pour les voitures à combustion ni celles des compagnies aériennes, ces espaces étant désormais consacrés à des contenus culturels et institutionnels, notamment des affiches pour le prestigieux Rijksmuseum.
Adoptée par le conseil municipal en janvier, cette nouvelle règle a été principalement portée par des partis écologiques ainsi que par le Parti pour les animaux. Cela s’inscrit dans une vision plus large, visant à réaliser la neutralité carbone d’ici 2050 et à diminuer la consommation de viande de moitié.
Anneke Veenhoff, élue de la Gauche verte, a déclaré à la BBC : "Si vous voulez être à la pointe des politiques climatiques, pourquoi louer votre espace public pour faire la promotion de produits qui vont à l’encontre de cet objectif ?" Ce sentiment est partagé par Anke Bakker, du Parti pour les animaux, qui a souligné l’importance de réduire l’influence des grandes entreprises sur notre alimentation : "Nous voulons que les citoyens soient libres de faire leurs propres choix sans pression constante de la publicité."
L’avocate Hannah Prins a également salué cette démarche, la comparant à des mesures similaires contre le tabagisme. Elle a affirmé : "Ce que nous voyons dans l’espace public façonne notre perception de ce qui est normal. Je ne pense pas qu’il soit acceptable d’exposer la souffrance animale sur des panneaux publicitaires."
Toutefois, cette interdiction n’a pas reçu un accueil unanime. L’Association néerlandaise de la viande a critiqué cette décision, qualifiant cette approche de "méthode inappropriée pour influencer les comportements des consommateurs", tout en soulignant que la viande fournit des nutriments essentiels. Parallèlement, le secteur du tourisme a exprimé des préoccupations quant à une atteinte potentielle à la liberté commerciale, surtout en ce qui concerne la promotion des voyages aériens.
Amsterdam n’est pas un cas isolé, d’autres villes néerlandaises comme Haarlem, Utrecht et Nijmegen ont également mis en place des restrictions similaires. À l’international, des villes comme Édimbourg, Stockholm et Florence ont pris le même type de mesures concernant les publicités pour les énergies fossiles. En France, ces publicités sont interdites depuis 2021. Des recherches suggèrent que la suppression de ces incitations visuelles pourrait modifier les comportements. L’épidémiologiste Joreintje Mackenbach a noté pour la BBC : "Les publicités omniprésentes pour des aliments malsains normalisent ces comportements. Éliminer ces signaux visuels peut influencer nos normes sociétales."







