Avec plus de 35 000 communes à travers le pays, dont une majorité sont de taille très modeste, le débat sur la fusion des petites collectivités s'intensifie. L’État, préoccupé par l’efficacité des services publics, pousse à l'unification pour contrer un système jugé trop éparpillé. Néanmoins, l'attachement local et les enjeux organisationnels créent des tensions autour de ce sujet.
La France possède une diversité impressionnante de communes, mais moins de 2 000 d'entre elles se préparent pour un second tour des élections municipales. Ce dimanche 15 mars, 33 305 villes ont élu leur maire, souvent sans réel défi électoral, avec seulement une ou deux listes dans les plus petites municipalités. Dans ce contexte, l’État prône la fusion de communes, espérant assurer la pérennité des services publics et améliorer l'efficacité de l'action publique.
Ces fusions s'effectuent sur la base du volontariat, contrairement à des pays comme l’Allemagne où elles sont obligatoires. Depuis 2012, la France a vu disparaître 1 825 communes. Selon Manon Loisel, enseignante à Sciences Po, "nous avons un panorama éclaté, où 6 % de la population vit dans la moitié des communes, 15 % dans les trois quarts, et 20 % dans 85 % des communes". Pour rappel, une commune sur dix compte moins de 100 habitants et la moitié abrite moins de 500 résidents.
Un millefeuille administratif qui coûte très cher
Le géographe Daniel Behar, dans une tribune pour The Conversation, pose une question provocante : "Comment prétendre à l’efficacité, lorsqu’on confie les rênes de l’action publique à 35 000 micro-États ?" Ce millefeuille administratif impose un coût conséquent, évalué à 7,5 milliards d’euros selon le rapport de Ravignon. La fusion des communes pourrait permettre de réaliser des économies d'échelle grâce à la mutualisation des équipements et des ressources humaines.
De plus, les regroupements promettent une amélioration des services, rendant l'action publique plus efficace. Manon Loisel explique : "Avec de plus vastes entités territoriales, on peut repenser les logistiques, introduire des services publics itinérants, tout en restant à proximité des habitants." Bien que les fusions rencontrent parfois une résistance de la part des riverains attachés à leur terre, elles offrent également la possibilité de créer des intercommunalités, facilitant ainsi la gestion collective.







