Dans la cité du Ponant, les tensions montent à l'approche du second tour des élections municipales alors que le président de l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), Pascal Olivard, a dénoncé l'accord "contre nature" entre le Parti Socialiste et La France Insoumise. Cette déclaration a provoqué une réaction immédiate au sein de la communauté universitaire, où une pétition a déjà recueilli 300 signatures d'enseignants, d'étudiants et de personnel administratif, dénonçant cette prise de position comme une violation de la neutralité qui devrait prévaloir dans une institution académique.
Pascal Olivard a exprimé ses préoccupations concernant des valeurs qu'il juge essentielles à l'université, allant même jusqu'à qualifier l'alliance entre le PS du maire sortant François Cuillandre et LFI de "propos violents et intolérants" incompatible avec l'identité du territoire brestois. "Cette déclaration ressemble à un appel à l'engagement politique," affirme Nicolas Le Merrer, directeur de philosophie, à propos de la controverse croissante qui entoure ces déclarations.
Une réaction partagée parmi l'académie
De nombreuses voix autour de Pascal Olivard s'élèvent pour critiquer une ingérence dans le débat public. "Un président d'université doit rester impartial et ne pas réagir en fonction de ses opinions personnelles," indique un enseignant, tandis que d'autres insistent sur le besoin d'un espace de pluralisme au sein de l'UBO. La question se pose : le président exerce-t-il vraiment ses prérogatives en tant que président ou transforme-t-il son rôle en militant politique ? Il ne s'agissait pas uniquement d'une alliance entre deux partis, mais d'une réponse à un contexte politique devenant de plus en plus polarisé.
La défense de Pascal Olivard
Face aux critiques, Pascal Olivard maintient qu'il a agi selon ses convictions : "Je me sens habilité à exprimer mes craintes pour l'université quand celle-ci est menacée par des forces que je considère extrêmes." C'est ce qu'il avait fait lors d'un précédent appel à faire barrage aux extrêmes, sans que cela ne fasse l'objet de la même controverse. Il affirme avoir uniquement exprimé ses inquiétudes par rapport aux changements politiques éventuels pour la gestion de la ville et de la métropole.
Au-delà des clivages habituels, ces événements soulèvent des questions plus larges sur le rôle des institutions éducatives dans le paysage politique. Comme le précise un autre président d'université, "un président d'université a plus de latitude qu'un recteur d'académie". La situation à l'UBO est symptomatique d'un malaise plus profond qui traverse notre société grisée par des discours polarisés.
La réponse à la pétition
Récemment, la pétition adressée à Pascal Olivard a pris une tournure plus institutionnelle, lui demandant de renoncer à ses déclarations. "Un président d'université ne devrait pas impliquer l'institution dans ses opinions personnelles," résume l’un des signataires. Ne perdons pas de vue l'essence d'une institution éducative : un lieu de débat, d'échange et de prise de conscience collective.
Pascal Olivard, en s'exprimant, rappelle à ses concitoyens qu'une vigilance est essentielle à la préservation des valeurs académiques. Ce débat fait résonner des échos dans les communautés éducatives à travers la France, alors que les élections municipales approchent, et il soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des dirigeants académiques face aux défis politiques et sociétaux actuels.







