Depuis 2024, le Premier ministre Luís Montenegro a initié plusieurs changements pour raffermir la politique migratoire du pays. Une réforme adoptée récemment prévoit de prolonger la durée de détention des migrants en situation irrégulière, pouvant atteindre jusqu'à 18 mois, au lieu des 60 jours actuels.
Le gouvernement portugais de droite a mis en place cette mesure dans le but de faciliter et d'accélérer les expulsions des immigrés clandestins, continuant ainsi son mouvement vers un durcissement qui a débuté il y a deux ans. Antonio Leitao Amaro, porte-parole du conseil des ministres, a commenté : «Il doit y avoir des conséquences à l'illégalité, ce qui implique des reconductions, et plus rapidement». Il a également mentionné que le Portugal avait l'un des taux de reconduite les plus faibles d'Europe.
Cette réforme sera soumise au vote du Parlement. Bien que le gouvernement ne détienne pas la majorité, il a pu s'appuyer sur les voix de l'extrême droite pour passer d'autres mesures similaires. Parmi les points notables de cette réforme, on retrouve la simplification des procédures d'expulsion et la révision des critères d’asile pour éviter qu'ils ne soient utilisés comme «manœuvres dilatoires».
Amaro a évoqué des incidents passés, comme celui d'une quarantaine de migrants débarqués au sud du pays l'été dernier, qui ont été libérés et ont échappé à l'expulsion. Pour contrer ces problèmes, il a affirmé que d'autres pays européens mettent également en place des délais de détention plus longs, anticipant même une future législation de l'Union européenne qui pourrait fixer ce délai à deux ans.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Luís Montenegro a considérablement durci les règles migratoires, dérivant d'une politique autrefois parmi les plus libérales d'Europe. Toutefois, les conditions d'accès à la nationalité portugaise restent en discussion après avoir été rejetées par la Cour constitutionnelle. À fin 2024, la population d'étrangers au Portugal a franchi le seuil des 1,5 million, représentant environ 15 % de la population totale.







