Le quartier de Saige à Pessac est en pleine effervescence en raison des projets de rénovation urbaine initiés par la municipalité, qui incluent la démolition de trois tours et d’une partie d’un autre bâtiment. Depuis fin décembre, seule une locataire, bientôt relogée, réside encore dans la tour 6. Inas, 19 ans, a grandi dans cet immeuble. Elle confie : “Au départ, c'était difficile de quitter notre foyer, mais avec le temps, nous avons réalisé que ce changement pourrait être bénéfique”, affirmant toutefois son attachement à cet espace qu'elle fréquente encore à travers son travail au centre social local.
Une nostalgie palpable
Comme Inas, de nombreux résidents se préparent au départ, anticipant la démolition de la tour prévue pour 2027. Une ancienne locataire, venue pour récupérer son courrier, évoque son départ comme un “crève-cœur”. Les autres tours visées par les destructions comprennent les bâtiments 3 et 9, alors que le bâtiment 11 sera partiellement rasé. La tour 8, en revanche, sera convertie pour accueillir des bureaux et des logements destinés aux jeunes actifs et étudiants.
Un changement de dynamisme
Christine, résidente de la tour 7, exprime son désaccord vis-à-vis de ce projet, craignant que cela transforme radicalement le quartier. “Je suis contre cette démolition, la rénovation serait une meilleure solution”, déclare-t-elle, tandis que Monique Torres, présidente de l'Amicale des locataires de Forimont, souligne les implications de cette opération : “Il y a 65 000 demandes de logements en Gironde. C’est irresponsable de détruire des logements sociaux”. Son association a même saisi la justice pour mettre en halt à ces projets, mais sa demande a été rejetée en décembre dernier.
Une atmosphère communautaire menacée
À proximité, Merry de la tour 8 et Carine de la tour 9 s'inquiètent également. Elles apprécient l'atmosphère conviviale qui règne ici. “Ici, tout le monde se connaît, c’est un vrai microcosme”, remarque Merry. Selon son compagnon, Lee-Patrick, “la destruction risque de faire disparaître cette magie qui fait la richesse de notre quartier”.
Une vision municipale contestée
Du côté des autorités, la Mairie défend cette initiative, arguant qu’elle favorise une plus grande mixité sociale, évitant ainsi “les ghettos de riches et les ghettos de pauvres”. Leur plan envisage la destruction de 400 logements sociaux et la réhabilitation de plus de 1000 autres, accompagné d'une coulée verte au cœur du quartier. Le tout, pour un coût estimé à 260 millions d'euros.







