Le projet de construction d'un hôpital unique à Lanne, en discussion depuis quasiment deux décennies, semble enfin prendre forme. Le dépôt du permis de construire est attendu au premier trimestre 2026, avec une livraison prévue en 2030. Ce nouvel établissement devrait remplacer les hôpitaux de Tarbes et Lourdes, qui ne répondent plus aux exigences modernes de santé. Cependant, le budget initial, estimé à 270 millions d'euros, a été révisé à 405 millions, bien que le préfet des Hautes-Pyrénées indique une estimation plus réaliste de 350 millions.
Ce projet suscite de vives réactions, notamment parmi les candidats aux élections municipales de Tarbes. Michel Garnier, un des rares à soutenir l'initiative, la considère comme une véritable opportunité de modernisation. "Rénover l'ancien hôpital semblerait plus coûteux et impraticable sur la durée", souligne-t-il. Il ajoute que revenir sur la décision semblerait désormais impossible, après tant d'années de préparation.
De l'autre côté du spectre, des voix s'élèvent contre cette décision. Hervé Charles, représentant du Parti communiste, affirme que la fermeture d'hôpitaux au profit d'un unique établissement serait une "énorme erreur". selon lui, cela réduirait le nombre de lits, serait loin des populations vulnérables et favoriserait les cliniques privées au détriment de l'accès public aux soins.
Pour Eric Peyrègne du Rassemblement National, les incertitudes financières du projet sont préoccupantes. "Le préfet annonce que l'État financera plus de 50% du coût total, mais avec un contexte budgétaire tendu, cela semble difficile à croire", déclare-t-il, soulignant le manque de clarté sur le financement.
Kévin Gracia, socialiste, déplore lui aussi le manque de transparence dans la prise de décision. "Aucune autre solution n'a été sérieusement envisagée. Les habitants ont l'impression qu'on leur impose un projet sans discussion suffisante", critique-t-il, appelant à un débat public ouvert.
Pierre Lagonelle, candidat divers droite, apporte une nuance en se déclarant favorable à la création d'un nouvel hôpital, mais juge le site de Lanne peu judicieux. "Le site actuel de l'hôpital à Tarbes est vaste et bien intégré. Éloigner cet établissement de 12 km est un non-sens pratique", conclut-il.
La question de l'hôpital unique continuera d'alimenter les discussions au fur et à mesure que les élections approchent, et les débats promettent d'être passionnés. Ces préoccupations vont bien au-delà des simples chiffres, touchant à l'essence même de l'accès aux soins de santé dans les Hautes-Pyrénées. Les opinions divergent et le sort de ce projet pourrait avoir des conséquences durables pour la population locale.







