La complexité géopolitique du Moyen-Orient est mise en lumière par la récente reconnaissance de l’État de Somaliland par Israël. Ce développement pourrait redéfinir les alliances dans cette région stratégique, où se mêlent intérêts économiques, culturels et historiques.
Depuis longtemps, le Moyen-Orient est un terrain d’expressions variées, mais les enjeux actuels nécessitent plus qu’une approche simpliste. La géopolitique de la région est axée sur des clivages multiples, que ce soit sur le plan ethno-linguistique, religieux ou économique. En effet, les tensions entre sunnites et chiites, ainsi que les fractures économiques entre les monarchies pétrolières et les pays en développement, en sont des exemples frappants.
Récemment, dans le contexte de tensions internes en Iran et des conflits persistants au Yémen, le Somaliland a acquis l’attention avec la décision d’Israël de lui accorder une reconnaissance diplomatique. Selon des analystes du Monde Diplomatique, cette décision est plus qu'une simple reconnaissance ; elle symbolise un repositionnement stratégique qui pourrait mener à de nouveaux alliances régionales.
Judith Weiss, experte en relations internationales, souligne que "la reconnaissance par Israël pourrait inciter d'autres pays, comme les Émirats Arabes Unis et l'Éthiopie, à faire de même, renforçant ainsi une dynamique de pouvoir favorisant à la fois la paix et l’instabilité”.
Cette évolution intervient dans un contexte où l’influence américaine semble diminuer, rendant les pays du Moyen-Orient plus autonomes dans la gestion de leurs alliances. Par exemple, selon le Financial Times, l’ouverture d’Israël au Somaliland n’est pas sans lien avec l’expansion de l’influence émirienne dans la région, particulièrement à travers le port de Berbera, stratégique pour l’accès maritime.
En amont des discussions autour de cette reconnaissance, les tensions au Yémen ont impacté les calculs politiques. Les Émirats, soutenant des groupes séparatistes au Yémen, s’opposent à l’avancée des Houthi, augmentant ainsi le besoin de nouvelles alliances militaires pour contrer ce qu’ils perçoivent comme des menaces croissantes.
Le projet de transformation du Somaliland en un acteur régional important pourrait avoir des implications profondes sur les relations entre Israël, l’Éthiopie, et même l’Iran, qui voit son influence contestée dans la Corne de l’Afrique et au-delà. L’émergence d’un Somaliland reconnu pourrait en effet réduire la pression sur le Yémen et donner à la région un nouvel élan économique basé sur le commerce maritime.
Au-delà des considérations stratégiques, cette reconnaissance soulève aussi la question de l'avenir de la question palestinienne. Comme l’indique le consultant géopolitique Pierre Lorrain dans une interview à France 24, “la reconnaissance du Somaliland peut avoir des répercussions sur les aspirations palestiniennes, remettant en question la notion d'un État moderne”.
Dans cette dynamique, la France, traditionnellement influente dans cette région, se retrouve face à des choix difficiles. Alors que sa diplomatie semble stagner, les développements récents pourraient encourager un renouvellement de son engagement sur la scène internationale. La question demeure : comment la France peut-elle redéfinir son rôle au Moyen-Orient dans un cadre où les lignes de fracture continuent de se réorganiser?
Les événements actuels plasent le Moyen-Orient dans un état d'agitation et de dialogue constant, avec d'innombrables acteurs cherchant à redéfinir leurs intérêts. Dans cette boucle complexe, la reconnaissance du Somaliland par Israël pourrait bien n’être que le premier d’une série de bouleversements qui dessineront le paysage géopolitique de demain.







