Dans un rapport publié récemment, l'association Survie met en lumière les relations économiques persistantes entre la France et l'Afrique, révélant que l'influence française n'a jamais vraiment disparu, en particulier dans ses anciennes colonies.
« Fantôme de l'empire colonial » : c'est ainsi que l'on pourrait résumer la situation actuelle. Malgré une perception de déclin de l'influence française, les entreprises françaises continuent de jouir d'une position dominante dans de nombreux secteurs. Ce constat est particulièrement pertinent en ce qui concerne l'agroalimentaire, la pharmacie, le transport et même les télécommunications. Pauline Tétillon, porte-parole de l'association, souligne que "les entreprises françaises pèsent toujours aussi lourd".
En effet, selon le rapport, le nombre de filiales françaises en Afrique subsaharienne s'élève à 2 421, générant près de 41 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Les secteurs d'activité concernés vont du cacao à l'énergie, révélant ainsi une continuité dans l'exploitation économique héritée du passé colonial.
À titre d'exemple, la France a longtemps importé des matières premières telles que la bauxite ou l'uranium, mais cette dynamique a évolué avec le temps. Aujourd'hui, les échanges commerciaux entre la France et l'Afrique ont fortement diminué, passant de 15% à la fin des années 1970 à seulement 3% aujourd'hui. Cette baisse, loin d'être uniquement attribuée à la concurrence étrangère, résulte principalement des processus de désindustrialisation et de mondialisation qui ont affaibli l'économie française.
Les implications politiques de cette domination économique se font également sentir. De nombreux experts, comme le sociologue Serge Michailof, pointent du doigt le « sentiment de rejet » qui grandit parmi les populations africaines à l'égard de la France, alimenté par cette perception d'une continuité néocoloniale. "La France a une mission africaine", constate-t-il, mais ce concept est en conflit avec les réalités économiques actuelles.
Alors que la France se cherche une nouvelle identité sur le continent, un regard critique sur ses relations et son influence est plus pertinent que jamais. La question demeure : comment la France peut-elle évoluer pour garantir un partenariat équitable et durable avec ses anciennes colonies en cette ère de décolonisation économique ?







