Dans un contexte économique troublé, l'usine Avtotor, située près de Kaliningrad, a repris la production de modèles BMW, malgré le retrait des grands constructeurs étrangers. C'est ici que BMW assemblait divers véhicules avant le déclenchement du conflit en Ukraine. Selon le quotidien économique Kommersant, l'usine ne s'est pas arrêtée et a décidé de continuer à assembler des véhicules, en utilisant un stock conséquent de composants. En 2025, environ 145 voitures « Made in Russia » auraient été écoulées, révélant une dynamique surprenante au cœur de cette crise.
Étonnamment, ces voitures sont composées de pièces datant de 2022, ce qui signifie qu'elles manquent des mises à jour récentes. Néanmoins, elles sont immatriculées comme modèles 2025 ou 2026. La chaîne Youtube AvtoREVIZORRO souligne même que le modèle X6 n'avait jamais été produit en Russie avant cela, ajoutant une couche supplémentaire d'étrangeté à cette situation.
Un marché imprévisible
Pour ceux désireux d'acquérir une BMW à prix réduit, la réalité est différente. D'après Kommersant, les prix des véhicules assemblés localement oscillent entre 11,9 et 13,6 millions de roubles, soit environ 130.000 à 150.000 euros. Bien que ces tarifs puissent sembler prohibitifs, la demande reste forte. Cela s'explique par l'absence de constructeurs occidentaux sur le marché, rendant l'importation de véhicules via des réseaux parallèles très coûteuse, à cause des frais logistiques et des sanctions.
Les clients voient même ces BMW « piratées » comme une option plus sûre que leurs homologues importés. En effet, les véhicules importés peuvent avoir des fonctions limitées ou être désactivés à distance par BMW, à cause des sanctions. En revanche, les modèles assemblés en Russie échappent à ce contrôle, bien qu'ils manquent de garanties de qualité.
Dans ce climat d'incertitude, l'industrie automobile russe semble s'adapter, défiant les attentes et redéfinissant ses normes de production. Entre la nécessité de maintenir un marché automobile viable et les défis posés par la conjoncture géopolitique, l'avenir de ces BMW « piratées » reste à surveiller de près.







