Les Français, de plus en plus alarmés par l'état des finances publiques, expriment des doutes concernant l'efficacité des dépenses sociales. D'après le dernier baromètre annuel de la Drees, publié le 6 juillet, 48 % des sondés privilégient désormais la réduction du déficit de la Sécurité sociale plutôt que le maintien des prestations actuelles.
Un sentiment d'inquiétude croissant se fait sentir: 70 % des personnes interrogées avouent être "beaucoup" ou "assez" préoccupées par la dette publique, un chiffre en forte hausse par rapport aux 52 % de l'an passé, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 2015. Plus de 71 % estiment que le système de santé coûte trop cher à la société, et 83 % jugent que les dépenses sont excessives en raison d'une gestion inefficace.
Cependant, au-delà des préoccupations financières, le recadrage des priorités des Français se manifeste également dans le domaine de la politique familiale. Alors que la natalité en France a chuté de 14 % ces dernières années, le désir d'une politique nataliste robuste émerge: la volonté de soutien à la natalité comme objectif principal de la politique familiale a bondi de 8 % à 19 % entre 2019 et 2025, une évolution significative selon des experts.
Philippe Martin, économiste à l'Université de Toulouse, déclare: "La prise de conscience des citoyens sur les dépenses publiques montre un désir croissant d'équilibrer les comptes au profit d'une gestion plus responsable des ressources. La question de la natalité, pour sa part, pourrait devenir un axe stratégique pour le gouvernement dans les années à venir."
Enfin, même si le désir de concilier vie professionnelle et vie familiale reste en tête des préoccupations pour 29 % des sondés, ce chiffre a chuté de sept points par rapport à 2019. Un événement à suivre attentivement, alors que la France fait face à une transition générationnelle majeure.







