En visite à Damas, Emmanuel Macron devient le premier chef d'État occidental à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, marquant ainsi un tournant significatif dans les relations diplomatiques. Cette rencontre intervient alors que la Syrie s'engage dans un processus fragile de pacification après treize années de guerre civile.
"Je viens témoigner de l'engagement de la France aux côtés du peuple syrien pour une Syrie souveraine et en paix avec ses voisins", a déclaré le président français sur X, soulignant l'importance de la pluralité en Syrie. Accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, Macron a entamé un dîner de travail riche en discussions sur l'avenir du pays, avec une conférence de presse conjointe prévue le lendemain.
L’éventualité d’un coup d’envoi à la reconstruction de la Syrie est sur la table. Selon l'agence officielle syrienne Sana, cette visite est qualifiée d'"historique", tandis que le président Ahmad al-Chareh a salué le rôle "constructif" de la France dans cette période délicate. En effet, Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à rencontrer Chareh en mai 2025, marquant son soutien à une transition politique.
Ce déplacement, entretenu dans le secret jusqu'à son atterrissage pour des raisons de sécurité, alors que la capitale syrienne a récemment été le théâtre d'un attentat, représente une prise de risque notable pour le président français. Accompagné de chefs d'entreprise comme Rodolphe Saadé de CMA-CGM et Patrick Pouyanné de TotalEnergies, Macron aborde également des questions économiques, mises en avant par Chareh qui souligne les "énormes opportunités d'investissement" en Syrie.
Les enjeux vont au-delà des simples relations bilatérales. Le président Macron a clairement exprimé que la "nouvelle Syrie" ne peut être un partenaire que si sa diversité et ses aspirations sont respectées, tandis que des spécialistes comme Denis Bauchard, ancien ambassadeur, notent que cette visite pourrait également renforcer le régime syrien dans un contexte régional complexe.
Dans le cadre de cette visite, Macron prévoit de restituer à la Syrie 23 objets archéologiques préalablement prêtés à la France. Il poursuivra son voyage avec une rencontre à Ankara pour discuter des enjeux régionaux, notamment avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, et observer des tensions autour du Hezbollah et les stratégies israéliennes.
Alors que Paris se positionne fermement sur le respect de la situation libanaise par Damas, les déclarations du président syrien laissent entendre qu'il n'a pas l'intention d'intervenir au Liban, ce qui pourrait apaiser certaines inquiétudes. La visite de Macron sonne comme un appel à la réconciliation et au dialogue, dans un environnement toujours instable.







