« Je reconnais les propos qui ont été tenus, mais je me défends de l'interprétation faite », a déclaré Yves Foulon, maire d'Arcachon, lors de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux. L’élu, qui occupe ce poste depuis vingt-cinq ans, se retrouve au centre d’une tempête médiatique après une altercation filmée à son insu avec Vital Baude, un adversaire politique de gauche.
Les faits se sont déroulés le 15 mars, jour des élections municipales. Enregistré à son insu par un vidéaste accompagnant Baude dans le cadre d'un documentaire, Foulon a proféré des propos qui ont été qualifiés d'injures et de menaces : « Si je pouvais vous coincer derrière une poubelle, ça me ferait plaisir de vous foutre une branlée » et « Pendant six ans, cela va être terrible pour vous et votre famille ». Des phrases qui ont choqué l’opposant, qui s'est dit « très inquiet » pour sa sécurité et celle de sa famille.
Des preuves filmées à son insu mais valides
La vidéo de l'incident a été diffusée par le média Vakita, provoquant un émoi général. Au tribunal, la procureure a affirmé que la manière dont la preuve a été obtenue ne diminue en rien sa validité. Elle a signalé que les menaces de Foulon sont « très claires », précisant que même si les violences physiques n'étaient pas directement visibles, des éléments attestent d'un comportement intimidant de sa part.
Yves Foulon conteste les accusations de violence, affirmant qu'il a agi sous l'effet d'une situation tendue. Selon ses dires, son emportement proviendrait des attaques de Vital Baude concernant son acquisition de la villa Salesse, un bien immobilier dont il a hérité avec son frère.
La procureure a requis quatre mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 euros, sans exiger d'inéligibilité. De son côté, la défense de Foulon parle d'une réaction excessive des autorités, dénonçant ce qu'ils appellent un « enregistrement clandestin » et accusant Baude de provocations.







