Le 25 juin dernier, à l'Assemblée nationale, l'opposition a une fois de plus gelé une loi pourtant attendue par un large consensus. Ce n'est pas tant une question de majorité que de courage politique. La scène législative a été marquée par les manœuvres des députés de La France insoumise (LFI) qui ont déposé plus de 320 amendements sur un texte simple, cherchant moins à enrichir le débat qu'à le bloquer.
Au cœur de cette tempête se trouve la proposition de loi du sénateur centriste Stéphane Demilly, qui mettait en lumière une incohérence majeure : comment l'État peut-il ordonner le départ d'un étranger tout en le contraignant à se marier, ouvrant ainsi une porte à sa régularisation ? Ce paradoxe a suscité des réactions variées au sein de la classe politique.
Les critiques de la majorité visent non seulement LFI mais aussi le gouvernement, qui semble timide dans ses interventions. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, avait l'opportunité de réduire cette obstruction en invoquant l'article 44 alinéa 2 de la Constitution. Cependant, le Premier ministre a choisi de ne pas froisser ses alliés socialistes, laissant la situation s'aggraver.
Des voix s'élèvent pour dénoncer l'inaction gouvernementale, parmi lesquelles celle d'experts juridiques qui soulignent l'importance d'agir rapidement pour clarifier le cadre juridique des mariages sous OQTF, afin de protéger les droits des maires et des étrangers concernés.
Ce débat sur les mariages d'OQTF n'est pas seulement une question législative, c'est aussi un révélateur des fractures internes au sein du gouvernement, et des relations tendues avec les acteurs locaux. À l'heure où les préoccupations sécuritaires et d'intégration se posent avec acuité, il devient urgent de trouver un équilibre qui respecte à la fois l'autorité de l'État et les réalités de terrain.







