L'aéroport de Bourges, récemment doté d'une borne de recharge pour avions électriques, s'illustre comme un pionnier dans le domaine de l'aviation durable. Edeis, le gestionnaire, souhaite encourager l'essor de ces avions encore peu fréquents. Cependant, l'avenir dépendra de l'amélioration des batteries pour augmenter leur autonomie et efficacité.
À ce jour, seul le Vélis Electro, un modèle du fabricant Italo-Slovène Pipistrel, est autorisé à voler en France. Cet appareil biplace, bien qu'impressionnant avec une vitesse de croisière de 167 km/h, manque encore d'autonomie pour des vols prolongés, son utilisation étant actuellement limitée à la formation des pilotes.
Myuji Carbonnel, instructeur de vol et président de la sous-commission Fab Lab à la Fédération Française Aéronautique, souligne le véritable silence de l'appareil : "J'allume le moteur, on n'entend absolument rien. C'est très, très faible." Ce silence constitue un atout majeur pour les riverains à proximité de l'aéroport, réduisant les nuisances sonores.
Cependant, cette technologie présente des défis, notamment une autonomie d'une heure seulement. Bernard Legrand, instructeur à l'aéroclub de Bourges, a exprimé ses réserves : "Le problème, c'est les batteries." Malgré l'attrait du faible bruit, la capacité d'emport et l'autonomie restent des préoccupations essentielles pour les clubs de pilotage.
La situation pourrait évoluer avec l'arrivée de modèles innovants qui promettent d'accroître l'autonomie, potentiellement de 20 minutes, ce qui redonne espoir à de nombreux pilotes et clubs. Christophe Andrault, le directeur de l'aéroport, est optimiste : "On essaie de démarrer un cercle vertueux… s'il y a des points de recharge, il y aura des avions électriques et vice-versa."
Depuis décembre 2024, une borne mobile a été installée, coûtant 17 000 euros, permettant une recharge rapide en environ 30 minutes. Victoire Totah, directrice du développement chez Edeis, explique que plusieurs aéro-clubs hésitent encore à investir dans des avions électriques, faute d'infrastructures adéquates : "On doit accompagner la décarbonation de l'aérien." D'autres options, comme les avions hybrides ou à hydrogène, sont également en cours de développement, signalant que malgré le chemin qu'il reste à parcourir, une révolution dans le secteur aéronautique semble imminente.
La communauté aéronautique est donc en pleine mutation, et Bourges pourrait bien être à la pointe de cette avancée écologique.







