Le 31 mai dernier, lors de la foire de printemps, les habitants de Graulhet ont été confrontés à une mise en scène orchestrée par la nouvelle municipalité. Tea Time, le crocodile animé du lac de Nabeillou, a été exposé sur un camion, flanqué d'une pancarte mentionnant son prix et annonçant sa mise en vente ou en location. Cette initiative a été perçue par un collectif de citoyens comme un "lynchage" culturel et a donné lieu à une pétition en ligne, dénonçant l'absence de débat autour de la politique culturelle de la ville.
Les membres du collectif affirment : "Nous ne sommes pas là pour défendre un bilan municipal contre un autre. Le coût de cette animation mérite d'être discuté au sein du conseil municipal, avec des données fiables, devant des élus responsables, et non pas sur un camion lors d'une foire. Ce geste véhicule un message fort : la culture coûte trop cher. Ce qui rend une commune unique et dynamique ne peut être réduit à une simple question budgétaire." Selon leurs paroles, la créativité artistique ne doit pas être mesurée uniquement en euros, mais doit être comprise dans un cadre plus large.
Le crocodile de Nabeillou, qu'on l'apprécie ou non, représentait un moment convivial attendu quotidiennement à 17 heures au bord du lac. Parmi les activités qui le prolongeaient se trouvaient des sorties en kayak, des balades en pédalo, des tyroliennes et des concerts, qui ont animé cet espace durant l'été. Ces initiatives dynamisaient la vie locale et renforçaient les liens communautaires. Les enfants en particulier s'empressaient d'aller le voir, incarnant ainsi l'esprit de convivialité de Graulhet, qui possède une tradition reconnue d'arts vivants, profondément ancrée dans le territoire.
Pour le collectif, cet héritage culturel mérite d'être valorisé de manière plus significative : "Nous, habitants et amis de Graulhet, artistes et responsables associatifs, demandons à la municipalité d'initier un véritable débat public sur sa vision culturelle pour les années à venir. Nous espérons que l'équipe municipale choisira un échange ouvert et constructif plutôt qu'un simple communiqué." Les signataires de la pétition considèrent que cette démarche envoie un message fort aux artistes et professionnels de la culture. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter leur pétition ici.







