À l'approche des vacances d'été, la directrice générale du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), Sandra Hoibian, a partagé avec ICI une analyse cruciale sur les effets de l'augmentation des prix des carburants sur les projets estivaux des Français.
Alors que les vacances scolaires débutent le 3 juillet, le coût des carburants reste élevé, ce qui risque de peser dans le budget des Français qui prévoient des congés. Même si la situation peut évoluer, Hoibian estime que "la hausse des prix pourrait avoir un impact significatif sur les départs en vacances, en particulier pour les familles à faibles revenus".
Actuellement, les vacances représentent en moyenne 8% du budget annuel des ménages les plus modestes, avec 40% de cette somme consacrée au transport. La plupart de ces familles choisissent de partir en voiture, souvent chez des amis ou de la famille, ce qui complique encore la situation : "Il est difficile de choisir la destination en fonction des coûts", précise Hoibian.
"Le taux de départ en vacances des plus modestes est presque deux fois inférieur à celui des plus aisés", ajoute-t-elle. D'après une enquête récente menée par Crédoc, 61% des Français ont pris des vacances l'an dernier, mais ce chiffre descend à 41% pour les bas revenus.
Malgré ces défis, l'été s'annonce moins sombre pour le secteur du tourisme. Comme l'indique Hoibian, "le marché touristique est largement dominé par les 20% de la population les plus riches, qui partent souvent à l'étranger". Si la hausse des carburants influencerait les choix de destinations, il est probable que les classes moyennes cherchent des options "moins éloignées, plus courtes et plus abordables".
Les consommateurs sont en mode défensif
Face à cette pression économique, les loisirs restent une priorité pour de nombreux Français. Selon Sandra Hoibian, l'importance accordée aux moments de détente a considérablement augmenté depuis la pandémie, passant de 48% à 65% entre 2020 et aujourd'hui. "Les gens cherchent des échappatoires, surtout avec toutes les inquiétudes qui pèsent sur eux", déclare-t-elle.
Les consommateurs, notamment les jeunes disposant de ressources limitées, adoptent des stratégies pour maintenir leurs projets de vacances. "Ils sont prêts à réduire leurs dépenses au quotidien, en choisissant des marques moins chères ou en regroupant leurs déplacements, pour préserver leurs vacances, qui restent un moment précieux à partager sur les réseaux sociaux", conclut Hoibian.
Il est donc évident que l'été 2023 apportera son lot de défis et d'adaptations pour les vacanciers français. Le conseil semble être de rester vigilant et de planifier judicieusement ses vacances.







