Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, a exprimé des préoccupations majeures sur les infrastructures scolaires lors d'une interview sur Franceinfo. En pleine crise climatique, elle souligne l'urgence d'adapter les établissements aux nouvelles réalités liées à la chaleur estivale croissante.
La situation est alarmante : l'année précédente, près de 2 000 écoles ont dû fermer, partiellement ou totalement, en raison des températures extrêmes. Avec un parc scolaire souvent vétuste, la plupart des établissements n'ont pas été modernisés, rendant l'apprentissage difficile durant les périodes de forte chaleur. « Des rénovations sont nécessaires pour assurer le confort des élèves et réduire les coûts énergétiques », argumente-t-elle.
À titre d'exemple, une école à Lompret, dans le Nord, a récemment bénéficié d'une rénovation qui a permis de diminuer sa facture de chauffage de 61 %, tout en assurant la continuité des cours. De nombreuses autres municipalités commencent à suivre cette voie, mais ces transformations nécessitent un investissement que l'État semble réduire, ayant diminué ses financements pour le fonds vert depuis 2024, comme le rapporte Franceinfo.
« Les recommandations actuelles sont anti-urgentes et insuffisantes pour une durabilité à long terme », note Bringault. Les mesures temporaires, telles que la distribution d'eau ou l'installation de brise-soleil, ne sont pas des solutions satisfaisantes. Avec des vagues de chaleur qui augmentent en fréquence, il est impératif de reconsidérer l'infrastructure scolaire en intégrant des techniques de végétalisation, de désimperméabilisation, et d'aération.
Un collectif d'associations environnementales a également récemment plaidé pour une transformation radicale des cours d'école et des alentours, afin d'exploiter les espaces urbains de fraîcheur. Les estimations de la Cour des comptes révèlent un coût de 40 milliards d'euros pour une réhabilitation ambitieuse des bâtiments scolaires, une somme qui interroge sur les modes de financement possibles.
Dans ce contexte, Bringault met en garde contre l'idée de généraliser la climatisation, jugeant qu’elle consomme trop d'énergie et ne résout pas le problème fondamental de l'isolation des bâtiments. « Si l'on ne réforme pas nos bâtiments, la consommation d'électricité continuera d'augmenter », ajoute-t-elle.
Enfin, alors que le gouvernement clame sa souveraineté énergétique, Bringault souligne que des alternatives comme l'électrification des transports sont probablement plus urgentes que la consommation d'électricité par des systèmes de climatisation. Il est essentiel, selon elle, de prioriser l’isolation et de fournir des protections solaires dans les quartiers populaires, où l'absence de végétation intensifie la chaleur, proposant ainsi un cadre de vie plus sain et durable pour tous.
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