C'est avec émotion que le réalisateur Louis Clichy a fait ses premiers pas sur le tapis rouge cannois le 19 mai, apportant un projet cher à son cœur : un film d'animation sur la Beauce, sa terre d'enfance. Baptisé « Le Corset », son œuvre fait partie de la sélection officielle Un Certain Regard.
Depuis le 12 mai, la Côte d’Azur est le centre d’attention du monde cinématographique à l’occasion de la 79e édition du Festival de Cannes. Parmi les stars qui illuminent les salles et les tapis rouges, Louis Clichy, originaire de Chartres, se confie : « C'est mon premier Cannes ! Je n’ai jamais eu l’opportunité d’y participer auparavant, car les productions Astérix ne correspondent pas à la nature de ce festival. Je vais découvrir et apprendre beaucoup ici ! »
Louis Clichy, qui a fait ses preuves à Pixar, a également coréalisé les films d’Astérix, mais il a choisi de se concentrer sur un sujet « peu glamour » : dépeindre la Beauce des années 80, une terre qu’il connaît bien. « J’ai grandi dans une ferme, mon père cultivait du blé. Ce type de documentaire sur l'agriculture industrielle n’est pas facile à financer, mais nous avons réussi ! »
Merci à son endurance, ce film ancré dans ses souvenirs d’enfance, « Le Corset », est maintenant en lice pour un prix au prestigieux Festival de Cannes, dirigé par Leïla Bekhti. Louis exprime son espoir : « Je sais que ce n’est pas le genre d’œuvre habituel pour eux, mais je suis optimiste. Malgré quelques refus initiaux du CNC, le soutien de Ciclic, l'aide du cinéma dans notre région, a permis que le film soit projeté à Cannes. C'est une incroyable opportunité ! »
Une immersion dans les sons de la Beauce
Pour donner vie à son film, Clichy a enregistré des sons réels de la ferme de ses oncles. « Je voulais capturer l'acoustique unique d’une exploitation agricole. Heureusement, le fermier connaissait bien ma famille ! » souligne-t-il.
Il a également cherché des voix locales pour faire résonner l'authenticité : « En faisant un casting sauvage, j'ai trouvé des non-professionnels. Cela donne une dimension documentaire au film et représente le caractère beauceron propre à cette région. »
Durant deux mois, il a résidé à Vendôme, un lieu proche de sa Beauce natale, pour peaufiner son récit : « J’y allais souvent en train ou à vélo pour m’inspirer et m’imprégner des paysages. »
Louis a également convié des acteurs locaux à rejoindre l’aventure cannoise. À ses côtés sur le tapis rouge, il a tenu à avoir les voix euréliennes du film. Malheureusement, son fils, qui joue le rôle principal, n’a pas pu être présent à cause d’un voyage scolaire à Rome ! Des professionnels comme Rod Paradot, Alexandre Astier et Jean-Pascal Zadi ont également participé au projet.
Un chemin atypique vers le cinéma
« Je suis le premier de ma famille à quitter le monde agricole depuis trois siècles », confie Louis. « Enfant, je n'étais pas fait pour travailler dehors, je préférais rester chez moi. Mes parents ont vendu la ferme après leur divorce et je suis parti vivre à Orléans. »
Louis a également partagé une particularité personnelle dans son film, illustrant comment il a porté un corset durant son adolescence à cause de sa scoliose, une expérience qu'il considère cinématographique, car elle se confronte à la dualité d’un espace rural régi par la rigueur.
Malgré la perte de son père, Louis est fier d'honorer la vie paysanne à travers son film. « Mon souhait est de montrer la vraie vie agricole, loin des clichés », conclut-il. Après une première projection fort applaudie à Cannes, il est déterminé : « Une œuvre doit avoir de la chair, de l’authenticité, pour toucher son public. »
« Le Corset » sera en salles le 14 octobre 2026, attendant avec impatience les réactions du public.







