Le gouvernement a annoncé une aide pour le gasoil non routier dès mai, nécessaire aux agriculteurs pour faire fonctionner leurs machines. Cependant, cela ne compense pas la hausse vertigineuse des prix, qui contraint les producteurs en cette période cruciale des semis à repenser leurs méthodes.
Cette augmentation est partiellement issue des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran, qui a provoqué une flambée de 15,4 % du prix du gaz en France au début de mai. Le gasoil non routier, essentiel pour les tracteurs, a vu son prix passer de 1,28 euro à 1,71 euro le litre, atteignant même des sommets au-delà de 2 euros. En réponse, le gouvernement français a engagé une aide de 15 centimes par litre pour le mois de mai, totalisant environ 53 millions d'euros; toutefois, le coût reste bien plus élevé qu'avant la crise.
Les agriculteurs, comme Aymeric Seigle et Kévin Zinant, membres des Jeunes Agriculteurs, doivent ainsi composer avec des factures colossales. Seigle, qui pratique la culture à Saint Marcel Bel Accueil, explique : “Nous devons adapter notre gestion des cultures en préparant moins finement le sol pour réduire notre consommation de gasoil.” Zinant abonde dans son sens : “Nous cherchons à limiter le passage de nos outils pour économiser du carburant par hectare, mais cela comporte des risques.”
Réduction de l'irrigation : une nécessité
Pour pallier cette situation, Seigle a opté pour des cultures moins gourmandes en eau, comme le tournesol, afin de diminuer ses besoins en irrigation, traditionnellement alimentée par des moteurs diesels. “Nous ajustons nos rotations de culture pour des espèces moins exigeantes en eau,” précise-t-il. Cette approche astucieuse vise à réduire la dépendance au gasoil, tout en garantissant la viabilité de l’exploitation.
Des coûts d'engrais en flamme
Toutefois, un autre défi surgit : le prix des engrais. Selon Seigle, le coût a grimpé d’environ 150 euros la tonne, augmentant ses dépenses d’environ 4000 euros. Pour Zinant, cela signifie le doublement du coût de l'engrais utilisée pour la culture du blé, le poussant à réduire de moitié sa surface cultivée. “J’ai des parcelles pas irrigables aux potentiels limités qui risquent de rester en jachère si les prix des céréales ne remontent pas,” se désole-t-il.
Ces jeunes agriculteurs, installés récemment, vivent sous une pression constante. “C’est un stress permanent, surtout avec les impacts direct du conflit en Iran,” déclare Seigle. Alors qu'ils naviguent à travers cette tempête économique, leurs espoirs résident dans une minutieuse adaptation de leurs pratiques face à l'incertitude des prix.







