À partir de ce lundi, tous les étudiants pourront bénéficier d'un repas à un euro dans les restaurants universitaires, une initiative destinée à lutter contre la précarité croissante dans le milieu étudiant en France. Sur le campus de l'Université Paris-Diderot, les réactions sont partagées.
Un repas qui inclut entrée, plat et dessert pour moins cher qu'une baguette de pain : cette mesure, autrefois réservée aux étudiants boursiers, est désormais accessible à tous sur présentation de la carte d'étudiant. Ce changement résulte d'une négociation entre le Parti socialiste et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Toutefois, l'enthousiasme autour de cette initiative laisse place à des doutes quant à son efficacité.
Des files d'attente plus longues ?
Romain, étudiant en licence, exprime ses craintes. Pour lui, la promesse d'un repas à un euro est alléchante, mais le temps est un facteur crucial : "On a qu'une heure pour manger. Ce n'est pas forcément suffisant pour sortir de la prépa, aller manger, et revenir en cours", dit-il. Il s'inquiète également de l'afflux d'étudiants potentiels qui pourrait allonger les files d'attente, rendant l'expérience encore plus chronophage.
Bouchra, qui n'est pas boursière, se réjouit de pouvoir profiter de cette mesure. Néanmoins, elle reste sceptique quant à son impact sur son budget global : "Cela ne va pas transformer mon budget, vu la hausse des prix que j'observe pour des produits basiques à l'Agoraé, notre épicerie solidaire sur le campus".
Simon Elien, président de l'AGEP, l'association gérant l'Agoraé, partage son avis : "Il faudrait vraiment manger tous les jours au resto universitaire midi et soir pour voir un impact significatif sur le budget". Selon ses estimations, un étudiant pourrait économiser jusqu'à une centaine d'euros par mois s'il mangeait exclusivement au resto U. "C'est une mesure qui est bonne, mais dans un contexte qui est vraiment désastreux pour le monde étudiant", souligne-t-il, rappelant notamment l'absence d'Aides Personnalisées au Logement pour les étudiants internationaux et l'augmentation récente des frais d'inscription pour ces mêmes étudiants.







