Le repas à un euro : une bouffée d'air frais ou une promesse en l'air pour les étudiants parisiens ?

Le repas à un euro pour les étudiants suscite des réactions mitigées sur le campus parisien.
Le repas à un euro : une bouffée d'air frais ou une promesse en l'air pour les étudiants parisiens ?
Le tarif à un euro était jusqu'à présent réservée aux boursiers et aux étudiants précaires © Radio France - Philippe Boccara

À partir de ce lundi, tous les étudiants pourront bénéficier d'un repas à un euro dans les restaurants universitaires, une initiative destinée à lutter contre la précarité croissante dans le milieu étudiant en France. Sur le campus de l'Université Paris-Diderot, les réactions sont partagées.

Un repas qui inclut entrée, plat et dessert pour moins cher qu'une baguette de pain : cette mesure, autrefois réservée aux étudiants boursiers, est désormais accessible à tous sur présentation de la carte d'étudiant. Ce changement résulte d'une négociation entre le Parti socialiste et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Toutefois, l'enthousiasme autour de cette initiative laisse place à des doutes quant à son efficacité.

Des files d'attente plus longues ?

Romain, étudiant en licence, exprime ses craintes. Pour lui, la promesse d'un repas à un euro est alléchante, mais le temps est un facteur crucial : "On a qu'une heure pour manger. Ce n'est pas forcément suffisant pour sortir de la prépa, aller manger, et revenir en cours", dit-il. Il s'inquiète également de l'afflux d'étudiants potentiels qui pourrait allonger les files d'attente, rendant l'expérience encore plus chronophage.

Bouchra, qui n'est pas boursière, se réjouit de pouvoir profiter de cette mesure. Néanmoins, elle reste sceptique quant à son impact sur son budget global : "Cela ne va pas transformer mon budget, vu la hausse des prix que j'observe pour des produits basiques à l'Agoraé, notre épicerie solidaire sur le campus".

Simon Elien, président de l'AGEP, l'association gérant l'Agoraé, partage son avis : "Il faudrait vraiment manger tous les jours au resto universitaire midi et soir pour voir un impact significatif sur le budget". Selon ses estimations, un étudiant pourrait économiser jusqu'à une centaine d'euros par mois s'il mangeait exclusivement au resto U. "C'est une mesure qui est bonne, mais dans un contexte qui est vraiment désastreux pour le monde étudiant", souligne-t-il, rappelant notamment l'absence d'Aides Personnalisées au Logement pour les étudiants internationaux et l'augmentation récente des frais d'inscription pour ces mêmes étudiants.

Lire aussi

Le repas à un euro : une bouffée d'air frais ou une promesse en l'air pour les étudiants parisiens ?
Décryptage du repas à un euro pour les étudiants à Paris : une mesure saluée mais jugée insuffisante.
00h09
150 nouveaux mots à découvrir dans le Petit Larousse illustré 2027
Découvrez les 150 nouveaux mots qui enrichiront le Petit Larousse illustré 2027, reflet de nos sociétés contemporaines.
3 mai
Laurent Nuñez au cœur d'une free party près de Bourges : enjeux et répression
Laurent Nuñez se rend sur le site d'une free party près de Bourges pour évoquer la nécessité de renforcer la répression contre les rassemblements illégaux. Découvrez les détails de ce projet de loi.
3 mai
Un rassemblement illégal à Bourges : 33 blessés et des actions répressives en cours
Rapport sur une free party illégale à Bourges avec 33 blessés, l'intervention des forces de l'ordre et des enjeux législatifs.
3 mai
Châteauroux : un jeune conducteur face aux conséquences tragiques d'une altercation
Un jeune conducteur de 21 ans est mis en examen à Châteauroux après la mort d'un cycliste. Les circonstances de l'incident soulèvent des inquiétudes sur la sécurité routière et les comportements des conducteurs.
3 mai
Teufeurs rassemblés près de Bourges : un événement sous haute surveillance
Découvrez l'ampleur de la free party près de Bourges, où des milliers de participants défient les restrictions gouvernementales.
3 mai