Issu d'une lignée de vignerons à Monbazillac, Benoît n'était pourtant pas destiné à embrasser cette carrière. À l'âge de 9 ans, sa destinée bascule lors d'une visite à l’aérodrome de Bergerac, où il est captivé par le légendaire avion de chasse Jaguar. "Je me suis demandé comment on pouvait piloter un tel engin, avec toutes ces aiguilles", se remémore-t-il avec nostalgie.
Cette fascination se transforme rapidement en vocation. Après avoir navigué par Salon-de-Provence et Cognac, Benoît rejoint l’armée de l’Air, ayant réussi le concours d'entrée des officiers sous contrat. "C'est un parcours exigeant qui demande une énergie considérable et une rapidité d'assimilation", explique-t-il.
Lors d'un vol solo à 18 ans sur un Epsilon, Benoît se rappelle la montée de l'adrénaline : "Le quatorzième vol est un moment marquant, car il symbolise la responsabilité des jeunes pilotes vis-à-vis d'avions d'une grande valeur".
Avec le temps, il devient pilote de Mirage 2000, un chasseur-bombardier, engageant une carrière aussi prestigieuse qu'exigeante. "Il faut toujours garder en tête la finalité de notre mission : dépasser les frontières de la diplomatie et intervenir sur les théâtres d’opérations", affirme-t-il.
En vingt ans, Benoît a accumulé une expérience riche, marquée par son dévouement et sa passion. "Ce métier sollicite une exigence d’efficacité extrême", ajoute-t-il. En 2011, il participe à la campagne de Libye, où ses déploiements totalisent près de dix mois d'opérations extérieures. Dans ce milieu, les pilotes sont souvent surnommés “God’s eye view”, la regard surplombant qui observe et protège.
Rétrospectivement, Benoît se voit comme un « dinosaure » du métier, où peu de pilotes parviennent à une longévité supérieure à quinze ans. "C'est un métier de jeunes", admet-il. Malgré les dangers, ses proches n'ont jamais manifesté d'inquiétude majeure, ils étaient plus préoccupés par ses trajets quotidiens que par les missions souvent secrètes qu'il effectuait.







