Olivier Mouchebœuf, coordinateur d'une étude pour l'Union des entreprises du sport et du cycle, tire la sonnette d'alarme sur l'engouement croissant des fatbikes, des vélos électriques surdimensionnés souvent non conformes. Cette étude annuelle, présentée cette semaine, souligne non seulement la popularité grandissante des vélos à assistance électrique (VAE) en général, mais plus particulièrement des fatbikes, ces monstres roulants inondant le marché européen.
Les fatbikes, réputés pour leur aspect surdimensionné et leurs performances, proviennent principalement de Chine et sont vendus à des prix défiant toute concurrence. En effet, les vélos offrent des puissances allant bien au-delà des 250 watts autorisés, atteignant parfois 1 000 voire 2 000 watts. Peu de contrôles sont effectués par les douanes et de nombreux consommateurs ignorent qu'ils achètent des produits non homologués. En cas d'accident, les acquéreurs ne bénéficient d'aucune couverture d'assurance, ce qui représente un risque majeur.
Selon Mouchebœuf, cette déferlante de fatbikes est comparable à l'essor de l'ultra-fast-fashion dans le monde de la mode. Ces vélos pèsent entre 30 et 40 kilos, et leur conception, originale pour la neige, ne répond pas aux besoins des cyclistes européens. "Tout est plus gros, plus lourd et plus dangereux avec ce type de vélo. Cela n'a absolument aucun sens, c'est un pur phénomène de marketing," précise-t-il.
Quand à la sécurité, elle est en jeu, car ces engins peuvent atteindre des vitesses élevées sur des espaces partagés, provoquant un réel risque pour les autres usagers. En Italie et en Grande-Bretagne, la situation est encore plus préoccupante. Les collectivités cherchent à réguler l'usage de ces vélos. Face à ce tableau alarmant, des experts appellent à une action législative plus forte pour éviter que l'ensemble des VAE ne soient reclassés en tant que cyclomoteurs.
Chaque année, les services hospitaliers rapportent une augmentation des accidents liés à ces fatbikes, une situation qui interpelle également les collectivités et les assureurs. La guerre des prix impose une pression insupportable sur les entreprises européennes, qui peinent à rivaliser avec ces géants du marché. Dans la tendance actuelle, ce phénomène pourrait bien avoir des conséquences sérieuses sur l'image du vélo et la sécurité publique.







