Les collectifs Alterre et "les ami.e.s de la plaine" intensifient leurs efforts contre la déviation de Saint-Péray. Ils organisent plusieurs réunions publiques tout au long de la semaine, en préparation des manifestations prévues du 14 au 17 mai. Une mobilisation qui s'inscrit dans un contexte agraire déjà tendu en Drôme.
Le rond-point de Tain-l'Hermitage, récemment désoccupé par des agriculteurs, est devenu une scène inattendue de floraison. Le 20 avril, plusieurs membres de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont retroussé leurs manches pour restaurer ce giratoire, témoignant ainsi de leur présence tout en laissant des traces de leur dernière occupation, qui a eu lieu en janvier dernier.
Ça fera un joli champ de fleurs
"Chose promise, chose due" s'exclame Geoffroy Vossier, le nouveau président des Jeunes agriculteurs du canton. Tandis qu'il prépare le sol avec son tracteur, les agriculteurs introduisent des semences de moutarde, triticale, phacélie et d'autres légumineuses. Damien Carat, agriculteur à Mercurol, s'exprime avec enthousiasme : "Dans quelques temps, ça fera un joli champ de fleurs".
En plus des fleurs, des pieds de lavande ont également été plantés, symbolisant la richesse viticole locale. "Nous n'avons pas l'intention de perturber l'environnement, bien au contraire", souligne Vladimir Gauthier, vice-président des Jeunes agriculteurs de la Drôme. Cependant, ces gestes de réhabilitation visent à rappeler que leurs revendications restent intactes.
Des revendications loin d'être enterrées
Les défis persistent. Geoffroy Vossier souligne que "la route est encore longue". Malgré des progrès locaux concernant la prédation et la gestion de l'eau, les agriculteurs sont confrontés à une hausse des coûts due à un contexte international instable. En effet, la guerre en Ukraine a provoqué une flambée des prix des intrants comprenant des engrais et du carburant.
Vladimir Gauthier précise : "Le coût de l'urée, utilisée pour le blé, a triplé en cinq ans, atteignant plus de 800 euros la tonne aujourd'hui, contre 250-300 euros il y a cinq ans". Cette situation génère une pression considérable sur les agriculteurs, face à laquelle ils appellent des solutions concrètes et durables.
Des charges qui explosent
Jean-Philippe Banc, membre du bureau de la FDSEA de la Drôme, exprime son inquiétude : "Nos charges ont augmenté de 35% en raison de l'augmentation des coûts des emballages, du GNR et de la main-d'œuvre. Nous savons déjà que nous ne pourrons pas répercuter ces hausses sur les prix de vente de cette saison".
Le gouvernement tente d’apporter son soutien avec des promesses d’aides, mais beaucoup restent sceptiques quant à leur efficacité. "Un prêt à 3,8% n’est pas viable pour nous", s'inquiète un agriculteur local. Ainsi, le printemps, saison cruciale pour les cultures, limite les possibilités de manifestations. Cette initiative sur le rond-point de Tain-l'Hermitage s'affirme donc comme une façon de maintenir la visibilité des agriculteurs. Un panneau "Giratoire de l'Agriculture" a été planté, accompagné des drapeaux des syndicats. Geoffroy Vossier conclut : "J'espère que nous ne retournerons pas sur ce rond-point, car cela signifierait une défaite".







