Ce mardi, le pape Léon XIV sera en Guinée équatoriale pour terminer sa tournée africaine. Prévu d'arriver à Malabo, le pontife aborde un contexte politique délicat, marqué par un régime considéré comme autoritaire et des préoccupations en matière de droits humains. Depuis son arrivée en Afrique, le 13 avril dernier, il a plaidé pour la justice sociale et lutté contre la corruption, des thèmes essentiels pour un pays dont les dirigeants sont souvent critiqués pour leur manque de transparence.
La Guinée équatoriale, riche en pétrole mais marquée par une pauvreté généralisée, accueille 80 % de catholiques, héritage d'une ancienne colonisation espagnole. La visite du pape n'est pas sans rappeler celle de Jean-Paul II, qui avait été le premier à poser le pied sur ce territoire il y a 44 ans. Cependant, Léon XIV devra naviguer un chemin complexe, soutenant les fidèles tout en évitant de renforcer la légitimité du gouvernement en place, régulièrement accusé de violations des droits fondamentaux.
Les inquiétudes concernant le coût économique de cette visite pèsent sur la population, d'autant plus que de nombreux oppposants sont exilés à l'étranger et que la majorité du pays vit sous le seuil de pauvreté. Andrého Esono Ondo, leader de l'unique parti d'opposition, a exprimé ses craintes concernant un potentiel préjudice économique pour les Guinéens.
Malgré cela, l'ambiance à Malabo semble contrastée. Des portraits du pape et des banderoles de bienvenue ornent les rues, reflétant un certain optimisme, en particulier parmi les jeunes, qui voient cette visite comme une opportunité de rassemblement national. "Cela va apporter des changements spirituels et motiver de nombreuses personnes à aller à la messe", espère Jovino Abaga, un jeune militant du parti au pouvoir.
Le programme du pape sera dense, débutant par des rencontres avec des membres du gouvernement et se poursuivant par une messe à Mongomo, fief du président Teodoro Obiang Nguema. Ce dernier, au pouvoir depuis 1979, incarne une longévité politique sans précédent, soulevant des questions sur la continuité du régime et ses politiques en matière de droits humains.
Le pape célébrera une grande messe de clôture au stade de Malabo jeudi, marquant ainsi la fin de son périple de 18 000 km à travers le continent africain.







