Le Conseil d'analyse économique (CAE) recommande dans son dernier rapport de ne pas durcir les critères d'éligibilité à l'assurance chômage. Cette étude met l'accent sur la nécessité de supprimer l'allongement de la durée d'indemnisation pour les demandeurs d'emploi âgés de 55 à 56 ans, soulignant qu'il serait plus judicieux de réformer cette partie du système plutôt que de rendre l'accès plus restrictif.
Les auteurs, François Fontaine, Roland Rathelot et Alexandra Roulet, notent qu'au cours des vingt-cinq dernières années, des réformes successives ont modifié le paysage de l'assurance chômage sans apporter de cadre conceptuel solide. En examinant les effets de ces réformes, ils concluent que la simplification est préférable. « Ces changements doivent prendre en compte non seulement l'impact sur le niveau de vie des chômeurs, mais aussi sur les finances publiques et l'emploi », expliquent-ils.
Impact sur les plus vulnérables
Une des préoccupations majeures de l'étude est l'effet de toute modification sur les individus en situation précaire. Selon les auteurs, durcir les critères d'éligibilité n'entraînera pas de changement significatif dans les comportements des demandeurs d'emploi, mais aurait des conséquences dévastatrices pour ceux qui en ont le plus besoin. Actuellement, il est requis d'avoir travaillé six mois au cours des deux dernières années pour bénéficier des allocations chômage. Toutes modifications, comme une augmentation du délai à huit mois, affecterait directement les demandeurs d'emploi aux ressources déjà limitées.
Les seniors sous le feu des réformes
Les résultats de l'étude se penchent également sur la situation des demandeurs d'emploi seniors, notamment ceux âgés de 55 à 56 ans. Actuellement, cette tranche bénéficie d'une durée d'indemnisation prolongée à 22,5 mois, tandis que les 57 ans et plus peuvent être indemnisés jusqu'à 27 mois. Toutefois, une approche plus cohérente pourrait impliquer la suppression de cette prolongation, jugée coûteuse par les experts. À cet âge, quand les comportements de consommation sont souvent mélangés à des préoccupations régionales, certains économistes craignent qu'une coupe trop sévère dans les indemnités ne fasse que pénaliser davantage ces travailleurs déjà laissés pour compte dans un environnement économique difficile.
En conclusion, l'étude du CAE offre une perspective importante sur la réforme de l'assurance chômage, plaidant avec vigueur pour un équilibre entre viabilité économique et protection des plus vulnérables, une position soutenue également par des spécialistes en économie sociale.







