Le gouvernement envisage de faciliter l'utilisation des titres-restaurant pour des courses alimentaires dans les supermarchés, ce qui irrite les restaurateurs. "On est en train de faire crever notre profession", déclare Franck Chaumès, président national de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).
La controverse est alimentée par une réforme annoncée qui permettrait d'utiliser les titres-restaurant pour les courses en supermarché, tout en rendant leur utilisation possible le dimanche. Pour les restaurateurs, cette mesure risque d'accroître la concurrence déloyale avec la grande distribution, réduisant ainsi leur chiffre d'affaires.
Franck Chaumès, cité par Le Figaro, alerte sur le danger pour leur profession. Le gouvernement justifie sa décision par la nécessité de soutenir le pouvoir d’achat des salariés, un contexte économique difficile accentué par la crise au Moyen-Orient, entraînant une inflation croissante. "Le ministre nous laisse les miettes", critique Frank Delvau, président de l’Umih Paris Île-de-France, alors qu'une proposition de loi est attendue "d’ici l’été".
31,5 % des dépenses en titres-restaurant captées par la grande distribution
Cette inquiétude est renforcée par des données de la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR), rapportées par La Dépêche. Fin 2024, 31,5 % des dépenses en titres-restaurant étaient consacrées à la grande distribution, marquant une hausse par rapport aux 39,5 % pour les restaurants. "C'est plus pratique d'acheter à manger au supermarché que d'aller toujours au restaurant, surtout avec la flambée des prix", témoigne Sylvain, un employé du BTP, sur Franceinfo.
Johnny, restaurateur, exprime son désespoir : "C'est une perte énorme pour nous". Frank Delvau ajoute : "Il y a 25 restaurants qui ferment chaque jour". Il préconise même la création d'un "titre inflation" spécifique pour compenser la situation, suggérant une différence de plafond d'utilisation entre restaurants et supermarchés, par exemple 25 euros pour les restaurants et 15 euros pour les grandes surfaces.







