Depuis un mois, la situation au Proche et Moyen-Orient entraîne une véritable tempête sur les marchés agricoles français. Les prix du gazole non routier (GNR), essentiel pour les machines agricoles, ont subi une augmentation spectaculaire, passant de 0,70 à 1,40 € par litre début avril 2026, selon les témoignages recueillis. Cela s'accompagne d'une hausse vertigineuse du coût des matières premières, notamment des engrais, dont le prix a doublé en l'espace d'un an, atteignant 800 euros la tonne, alors qu'il était de 400 euros en juin 2025.
Stéphane Sauce, agriculteur céréalier et laitier à Nancray, fait le plein de ses tracteurs chaque semaine et n'a pas hésité à solliciter l'aide du gouvernement. Il réclame une "prise en charge de 30 centimes par litre", alors que l'État a récemment annoncé une aide de seulement 4 centimes par litre pour le GNR. "Une telle aide est insuffisante face à l'ampleur de la crise", argue-t-il.
Les engrais, de leur côté, suivent également la tendance du pétrole. "Le prix de l'engrais est directement lié à celui du pétrole", explique Stéphane Sauce. Pour tenter de minimiser les coûts, il envisage de réduire son utilisation d'engrais cette année, même si cela pourrait sérieusement affecter les rendements des cultures. "Nous passerions d'une parcelle produisant cinq tonnes de blé à seulement quatre tonnes", souligne-t-il avec inquiétude.
Le prix du comté en hausse ?
La crise ne s'arrête pas là. La fabrication du Comté, fromage emblématique de la Franche-Comté, subit des pressions similaires. Michel Saint-Hillier, président de la coopérative fromagère du Plateau de Bouclans, a noté que les coûts de production se sont enflés, notamment en raison de la hausse du fioul, utilisé pour chauffer le lait. "Le prix du fioul a quasiment doublé, passant de 0,80 à presque 1,80 euros le litre, générant un surplus de 45.000 euros sur notre facture", indique-t-il. Bien qu'il prévoit une hausse des tarifs pour ses producteurs de lait, il n'est pas encore sûr que cela se traduira par une augmentation du prix du fromage pour le consommateur.
Les agriculteurs et producteurs fromagers se retrouvent donc dans une situation précaire, devant jongler avec l'escalade des coûts et les incertitudes du marché. Les jours à venir s'annoncent décisifs pour l'avenir de l'agriculture française, alors que les acteurs du secteur appellent à une action rapide pour éviter un effondrement.







