Un geste symbolique a marqué les récentes élections municipales en France, où plusieurs maires élus sous l'étiquette du Rassemblement National (RN) ont décidé de retirer les drapeaux européens des façades de leurs hôtels de ville. Ce choix a été affirmé par le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, sur X (anciennement Twitter), qui a partagé une vidéo où il décroche le drapeau européen, laissant le drapeau tricolore à l'honneur.
Des figures politiques comme Bryan Masson, à Cagnes-sur-Mer, et Anthony Garénaux-Glinkowski à Harnes, ont également emboîté le pas en affichant des façades dépouillées du symbole de l’UE. Ces actions soulèvent un débat intense en France, où la question européenne est devenue un sujet épineux, surtout au sein des mouvements populistes.
« Populisme » pour le gouvernement
Le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a réagi à ces retraits en exprimant des préoccupations sur leurs implications. « Vont-ils aussi refuser les fonds européens qui bénéficient à nos agriculteurs et entreprises ? » s'est-il interrogé, dénonçant ces actes comme du populisme qui démontre que le RN n'a pas fondamentalement changé. À noter que la Constitution française ne reconnait que le drapeau tricolore comme symbole national, alors que les drapeaux européens ne sont affichés que lors de la journée de l'Europe, le 9 mai. La députée européenne Valérie Hayer a critiqué cette initiative sur X, évoquant un véritable Frexit en préparation.
Pour justifier ces retraits, certains élus du RN rappellent un référendum de 2005, au cours duquel les Français auraient dit non au drapeau européen, rendant selon eux sa présence illégitime sur le sol français. Le député Jean-Philippe Tanguy a également partagé cet argument sur X.
Bientôt une loi ?
Une proposition de loi pour obliger l'exposition des drapeaux français et européens sur les mairies de plus de 1 500 habitants a été adoptée par l'Assemblée nationale mais n'a pas encore été examinée par le Sénat. Ce mouvement de retrait du drapeau européen n'est pas isolé : plusieurs mairies, principalement rurales, avaient déjà agi ainsi en janvier, invoquant leur soutien aux agriculteurs face à des traités qui leur semblent inéquitables.
Les élus RN concernés n'ont pas répondu aux sollicitations de 20 Minutes concernant leurs motivations.
Ce débat s'inscrit dans un contexte où la question de l'identité nationale et du rapport à l'Europe devient de plus en plus centrale dans le paysage politique français, notamment à l'approche des prochaines élections.







