Dimanche, le conseil municipal du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) a vibré au rythme de la démocratie en élisant Demba Traoré (DVG) comme nouveau maire. Le climat était à l'opposé de l'atmosphère hostile vécue par son prédécesseur de droite, Thierry Meignen, la semaine précédente.
"Le potentiel du Blanc-Mesnil est immense. Nous avons l'opportunité de devenir un véritable moteur pour notre département. Il est temps de se montrer à la hauteur", a déclaré Demba Traoré, âgé de 40 ans, encadré par ses fervents partisans qui entonnaient la Marseillaise, selon des sources de l'AFP.
Issu d'une formation dans le secteur bancaire et ancien entraîneur de l'équipe locale de football, Demba Traoré a su fédérer autour de lui, bénéficiant du soutien des listes d'union de la gauche, notamment celle du communiste Didier Mignot et du centriste Mohamed Chérif.
Sa victoire a été un soulagement pour beaucoup, mettant fin à douze ans de gestion par la droite avec un score de 51,49 % contre 48,51 % pour Meignen. Cette victoire est le fruit d'une campagne parfois tendue, mais marquée par une dynamique collective de changement.
En passant la main, Meignen a été accueilli par des huées et a quitté la mairie sous protection municipale, affirmant avoir constaté des irrégularités et préfigurant un recours contre les résultats du scrutin. Face à cette tension, Demba Traoré a lancé un appel à l'apaisement : "Je serai le maire de tous les Blancs-Mesnilois. Nos efforts ne viseront pas à diviser, mais à faire prospérer notre ville".
"Nous sommes très contents ! Nos enfants font notre fierté", partage Kadji Gueye, 62 ans, d'origine sénégalaise comme le nouveau maire. Elle évoque les avancées de la nouvelle génération, dont les perspectives sont désormais bien plus larges que celles de leurs parents.
Le Blanc-Mesnil, ville de 62 000 habitants, bénéficie d'une situation géographique privilégiée, entre l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et le Stade de France. Vitale pour sa dynamique, la ville a connu une tradition politique de plus de 80 ans sous l'influence communiste avant de passer sous le giron de Thierry Meignen en 2014.
Meignen est actuellement sous le coup d'une plainte pour menaces de mort, déposée par la journaliste Nassira El Moaddem après qu'elle a dénoncé des pratiques jugées problématiques, y compris l'attribution de marchés publics et des tentatives d'écarter l'ancienne équipe municipale. Cette situation a même conduit son président, Gérard Larcher (LR), à saisir le comité de déontologie du Sénat.







