Le premier débat télévisé entre les trois candidats finalistes pour la mairie de Paris s'est tenu mercredi, offrant un aperçu des tensions politiques qui animent la capitale. Emmanuel Grégoire, représentant la gauche unie hors LFI, a affirmé qu'il ne considérait Rachida Dati, la candidate de la droite, que comme son unique concurrente, tandis qu'il voyait Sophia Chikirou, la candidate LFI, davantage comme une concurrente à distance. Ce face-à-face, d'une durée de près de trois heures, a abordé des sujets variés allant de la propreté à la sécurité, en passant par le logement et les enjeux périscolaires.
« Ce soir, je n'ai qu'une seule adversaire, c'est Rachida Dati », a déclaré Grégoire sur BFMTV et Le Figaro TV, faisant référence au second tour des élections municipales qui se tiendra ce dimanche. Le candidat a critiqué Dati pour ses liens avec l'extrême droite, soulignant le soutien qu’elle a reçu de figures comme Jordan Bardella et Bruno Gollnisch. « Vous vous êtes entourée d'un comité de soutien de Marine Le Pen. C'est une faute morale », a-t-il affirmé, mettant en avant le danger d'une telle alliance politique pour Paris.
Dans sa réplique, Dati a réfuté ces accusations, poussant Grégoire à assumer un discours qui semblait trop orienté, répondant d'un ton piquant : « Vous êtes devenu Madame Soleil, M. Grégoire ? » en insinuant qu'il ne disait que des mensonges. Quant à Sophia Chikirou, elle a souligné être la véritable opposante à Dati, citant sa position de troisième au premier tour avec 37,98 % des voix.
Les candidats ont également débattu des violences sexuelles dans le milieu périscolaire, un sujet brûlant pour la campagne. Grégoire a promis « de tout remettre à plat » à ce sujet, promis d'allouer des fonds supplémentaires pour le périscolaire. Chikirou a promis de débloquer 19 millions d'euros par an pour améliorer les services périscolaires.
Les promesses ont fusé, Dati s’engageant à réduire la taxe foncière à Paris sans préciser les détails. Le climat était tendu, avec des interruptions fréquentes lors des prises de parole, comme la journaliste Apolline de Malherbe le faisait remarquer en plaisantant sur la nécessité de couper le micro à Dati pour apaiser la discussion.
Les questions concernant le traitement des sans-abri et des campements de réfugiés dans le nord de Paris ont aussi été soulevées, Chikirou plaidant pour un « choc de solidarité ». En parallèle, Dati a été interrogée sur son procès imminent pour corruption dans l’affaire Renault-Nissan. « On vient me chercher pour une affaire de cafetière », a répondu Chikirou, aussi sous enquête pour escroquerie.
Les deux candidates ont continuellement renvoyé Grégoire à l’héritage de la maire sortante, Anne Hidalgo. « Vous ne faites que fuir votre bilan », a rétorqué Chikirou, confrontant le candidat socialiste à la nécessité d'assumer ses choix.
Grégoire, pour sa part, s’est montré fier de son affiliation avec la gauche, rappelant son admiration pour les anciens maires comme Hidalgo et Bertrand Delanoë. Ce débat restera en mémoire comme un moment crucial, et peut-être déterminant, dans la course à la mairie de Paris.







