Séoul (AFP) – Mercredi, un tribunal sud-coréen a rendu un jugement très attendu concernant Kim Keon Hee, l'ancienne première dame, poursuivie pour corruption et fraudes, avec une peine requise par le parquet de 15 ans de prison.
Les frasques entourant Mme Kim, âgée de 53 ans, ont profondément influencé la présidence de son mari, Yoon Suk Yeol, qui a été destitué et se trouve actuellement sous le coup de multiples poursuites, dont une qui pourrait lui valoir la peine capitale.
Les procureurs soutiennent que Mme Kim s'est "placée au-dessus des lois" en abusant de son pouvoir et en collaborant avec une secte religieuse pour compromettre la séparation de l'État et de la religion, un principe fondamental de la Constitution sud-coréenne.
Alors qu'elle clame son innocence et dépeint les accusations comme "profondément injustes", Kim a tout de même reconnu avoir causé des troubles, admettant à la fin de son procès : "Je réalise que de nombreuses erreurs ont été commises de ma part."
Sac à main de luxe
Le tribunal de Séoul annoncera son jugement à 14H00 (05H00 GMT), ajoutant une tension supplémentaire à l'issue de cette affaire emblématique. Amoureuse des animaux, Kim est reconnue pour son engagement en faveur de l'interdiction de la viande de chien en Corée du Sud, mais ses actions controversées ont souvent éclipsé celles de son époux.
© Jung Yeon-je / AFP/Archives
En 2023, un pasteur a enregistré secrètement Kim recevant un sac à main Dior valu à plus de 1.800 euros, exacerbant les tensions et impactant négativement l'image de son mari pendant la campagne électorale de 2024.
Yoon Suk Yeol a opposé son veto à trois tentatives parlementaires d’enquêter sur les accusations à l'encontre de sa femme, y compris une nouvelle tentative, juste avant un coup d'État manqué en novembre 2024, ce qui a par la suite conduit à des répercussions politiques sévères.
Le procès de Kim Keon Hee survient peu après la condamnation de l'ancien Premier ministre de Yoon, Han Duck-soo, à 23 ans de prison, une peine qui alimente les spéculations sur les possibles répercussions judiciaires auxquelles Kim pourrait faire face. Le commentateur politique Park Sang-byung a prédit : "Étant donné l'issue de l'affaire de Han, Kim pourrait attendre au moins dix ans de prison, et cela semble être une estimation modérée."
De plus, l'enquête concernant les actions de Kim a entraîné l'arrestation de Han Hak-ja, la dirigeante de l'Eglise de l'Unification, dont l'influence se fait sentir au niveau mondial et qui gère un empire économique colossal.
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