Même si certains cultivent leur propre potager biologique, rares sont les foyers en totale autonomie alimentaire. L'achat d'autres produits reste nécessaire, qu'il s'agisse de légumes, fruits, produits laitiers, ou viandes. Ces dernières années, de nouveaux labels ont émergé, certains privés, d'autres encadrés par des institutions publiques, mais souvent peu clairs dans leurs exigences.
Les labels bio
Face à une demande croissante pour des produits bio, certains producteurs sont accusés d'industrialiser cette pratique, allégeant ainsi la rigueur des cahiers des charges. Bien qu'il soit exigé d'éviter les engrais chimiques et pesticides de synthèse en agriculture biologique, il arrive que l'approche globale et durable soit négligée. Par exemple, les rotations de cultures deviennent minimales et le recours à des composts industriels peut être toléré. La notion de bio devrait être intégrée dans une approche holistique, ce que pratiquent de nombreux agriculteurs en agroécologie.
Voici quelques-uns des labels bio les plus fiables :
- label français AB : devenu facultatif suite à son alignement sur le label bio européen (Eurofeuille), qui permet un taux de contamination OGM < 0,9% ;
- label Bio Cohérence : plus exigeant, n'acceptant aucune contamination OGM et prenant en compte les aspects sociaux ;
- label Nature et Progrès : axé sur l’équité, la proximité et l’autonomie ;
- label Demeter : lié à la biodynamie, tenant compte des influences cosmiques et utilisant des préparations naturelles ;
- label Bio Équitable en France : un label récent qui prône des échanges commerciaux équilibrés et durables.
L'agriculture de conservation
Cette méthode, développée aux États-Unis, vise à améliorer la fertilité des sols tout en réduisant l'usage d'intrants chimiques par le biais de techniques telles que la non-labour, le couvert végétal et la rotation des cultures. Bien qu’il s’agisse d’une avancée positive, ces méthodes doivent être adaptées pour éviter l'usage du glyphosate, à travers une gestion approfondie du sol.
L'agriculture régénératrice
Les pratiques de l'agriculture régénératrice ressemblent à celles de la permaculture, en incluant agroécologie, compostage et non-recours aux intrants chimiques. Cependant, des controverses entourent certaines de ses méthodes, notamment le pâturage tournant intensif, rejeté par de nombreux scientifiques. De plus, l'absence d'un cahier des charges précis pour ce label peut mener à des variations d'approche, certaines acceptant même les pesticides.
Le label HVE (haute valeur environnementale), soutenu par le gouvernement français, a été instauré pour encadrer des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement, mais se heurte à des critiques quant à son efficacité réelle par rapport à l'agriculture conventionnelle. Dans ce contexte, sa reconnaissance dans la nouvelle PAC (politique agricole commune) pourrait s’apparenter à du « greenwashing ».
Le label Zéro résidu de pesticides (ZRP), initié en 2017, véhicule l’idée de produits moins polluants, bien qu’il permette encore l’utilisation de pesticides. Il impose une restriction qui n'élimine pas totalement le risque, encore moins les impacts sur les écosystèmes.
Il est donc essentiel de rester vigilant dans nos choix alimentaires. Le livre Pour en finir avec les pesticides de Claude Aubert et François Veillerette, avec une préface de Joël Labbé, propose des solutions concrètes pour jardiniers et consommateurs. Engager une consommation plus responsable est crucial pour l’avenir de notre santé et de notre environnement.
* Editions Terre vivante - Coll. Conseils d’expert – 160 pages – 18 janvier 2022 - 14 €







