Alors que l'échéance municipale de mars 2023 approche, une vague de candidats royalistes fait surface, animée par une vision audacieuse : renverser la République au profit d'une royauté moderne. Parmi eux, Sébastien Piffard, chauffeur routier de 44 ans et père de six enfants, espère conquérir la mairie de Les Hauts-d'Anjou, une petite commune du Maine-et-Loire.
Piffard est convaincu que la monarchie incarne la puissance, la stabilité et l'unité, des valeurs qu'il estime absentes sous le régime démocratique actuel. "La France, comme royauté, elle a brillé", affirme-t-il. Loin d'être un phénomène isolé, son engagement s'inscrit dans une dynamique plus vaste impulsée par le mouvement Lys Royal de France, un petit parti royaliste fondé récemment et qui attire de nouveaux militants, en grande partie grâce aux réseaux sociaux.
En effet, l'intérêt pour la monarchie semble croître parmi certains citoyens déçus par la politique actuelle. Ulrich Bailleul, un aide-soignant trentenaire à Rodez, partage cette frustration : "Quand on dit qu'on est royalistes, on est vus comme des marginaux", confie-t-il. Malgré le scepticisme ambiant, ces royalistes se préparent à se faire connaître dans le paysage politique, consciente que leur mouvement reste marginal, sans poids suffisant pour espérer une victoire.
Il est intéressant de noter que les ambitions royalistes ne s'arrêtent pas aux municipalités. Plusieurs mouvements, y compris l'Action Française et l'Alliance Royale, cherchent également à revendiquer une place dans la sphère politique, avec l'un des représentants les plus notables étant Louis de Bourbon, descendant direct des Capétiens. Ce dernier a récemment attiré l'attention médiatique en critiquant la République et en appelant à une reconnexion avec un héritage monarchique, notamment dans des tribunes publiées dans des journaux comme le Journal du Dimanche et Valeurs actuelles.
Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France, souligne que de plus en plus de Français se sentent dégoûtés par le paysage politique actuel. Son parti ne se définit pas par un alignement politique traditionnel, mais prône des positions fermement anti-Union européenne et pro-religion catholique. "Nous utilisons les armes à notre disposition pour défendre notre vision d'une France monarchique", déclare-t-il, espérant qu'un jour des maires royalistes pourraient rassembler les parrainages nécessaires pour une candidature présidentielle.
Certaines voix au sein de la communauté politique et académique s'inquiètent cependant de cette résurgence royaliste. Des experts soulignent que ce phénomène pourrait refléter une méfiance croissante envers les institutions démocratiques. Pour le politologue Jean-Pierre Le Goff, "la nostalgie monarchique est un symptôme d'une crise de confiance plus large à l'égard des dirigeants actuels". Les royalistes eux-mêmes sont lucides : bien qu'ils n'attendent pas un retour immédiat à la monarchie, ils envisagent ces élections comme un tremplin pour faire entendre leurs idées et leurs idéaux au sein de la société française.







