Dans une lettre récente, un lecteur s'interroge sur la diminution apparente de la taille des moules commercialisées en France, affirmant qu'elles manquent désormais de saveur. Pour apporter des éclaircissements, nous avons consulté Sylvain Cornée, président du Comité régional de la conchyliculture Bretagne Nord.
Selon ce dernier, la perception selon laquelle les moules sont plus petites qu'auparavant est souvent mal interprétée. « Il est essentiel de faire la distinction entre les différentes espèces de moules », souligne-t-il, faisant référence à la mytilus galloprovincialis, souvent plus volumineuse, mais moins savoureuse en raison de son faible rapport chair/poids comparé à la mytilus edulis, cultivée sur des pieux dans les eaux bretonnes, qui se nourrit des marées et offre une chair plus goûteuse.
Ce débat sur la qualité des moules soulève des préoccupations profondes parmi les consommateurs, beaucoup désireux d'opter pour des produits de qualité, même à un prix supérieur. Un récent article a mis en lumière ces attentes, appelant à une régulation plus stricte concernant les tailles minimales des coquillages commercialisés, en introduisant un cahier des charges spécifique pour chaque espèce. Les moules de bouchot, souvent accusées d'être trop juvéniles, sont pourtant soumises à des normes établissant une taille minimale de 4 cm.
Les aléas climatiques jouent également un rôle dans la qualité des moules. En 2023, par exemple, un retard de croissance lié à des conditions météorologiques défavorables a conduit à une offre de moules plus petites sur le marché. « Les moules sont un produit naturel, et leur taille peut varier d'une année à l'autre », explique Cornée, insistant sur l'importance de comprendre ces variations.
Malgré ces critiques, les producteurs continuent de s'adapter aux demandes croissantes des consommateurs, en important parfois des mytilus galloprovincialis d'autres pays, notamment d'Irlande et d'Espagne. Cependant, Sylvain Cornée assure que pendant la période optimale de production, entre août et janvier, les consommateurs sont assurés de déguster des moules de qualité. « Peut-être plus petites, mais assurément plus savoureuses », conclut-il.
En somme, il est peut-être temps pour les consommateurs de réévaluer leurs attentes vis-à-vis de la taille et de se concentrer davantage sur la qualité des moules qu'ils choisissent. Une attention particulière à la provenance et au mode d'élevage pourrait garantir une expérience culinaire enrichissante.







