L'essentiel : Alors qu'ils sont écartés de la scène internationale, Moscou et Téhéran s'engagent dans une coopération militaire à long terme. Malgré quelques tensions et des promesses parfois non respectées, les deux nations peinent à sceller une entente technologique et économique pour résister à la pression occidentale.
Le partenariat entre Moscou et Téhéran affiche un nouveau visage. Isolés à cause des sanctions internationales, ces deux pays mettent de côté leurs divergences pour établir une coopération durable. Ce renforcement des liens, bien que marqué par quelques tensions, est crucial dans le contexte actuel.
Des livraisons de drones aux promesses non tenues
Depuis le début du conflit en Ukraine, Téhéran a apporté son soutien à la Russie en fournissant des drones Shahed-136. Cependant, cette alliance a connu des incidents notables, comme le souligne l'ex-officier Guillaume Ancel dans un entretien avec La Dépêche. En février 2026, lors d'une opération américaine contre Téhéran, Moscou a omis de partager certaines informations, laissant les Iraniens frustrés. "Ce sentiment de trahison a été immense", explique Ancel. De plus, la Russie, incapable de fournir l'aide attendue, a déçu son allié, conscient que Moscou ne peut plus assurer sa protection.
Cependant, le pragmatisme reprend le dessus. Dans cette optique de survie face aux pressions occidentales, le Kremlin commence à offrir aux Iraniens une technologie avancée qui pourrait améliorer leur capacité à concevoir des drones. Ce changement de dynamique montre comment les rôles s'inversent.
Un partenariat technologique et énergétique global
Ce partenariat, dont l'importance est soulignée par un traité d'une durée de vingt ans, s'avère crucial pour Téhéran. Concernant la continuité des livraisons de drones, il est probable que leur rythme ralentisse, selon les experts militaires, car les capacités de production iraniennes ont été affectées par les frappes américano-israéliennes.
Afin de faire face aux nouvelles réalités, la Russie pourrait s'orienter vers l'autonomie dans ses approvisionnements. À long terme, l'accent pourrait se porter sur la coopération pétrolière. En effet, bloquée par les sanctions, Moscou pourrait s'appuyer sur les réseaux iraniens pour écouler son pétrole. "Il est dans l'intérêt de l'Iran de collaborer économiquement avec la Russie," souligne Guillaume Ancel. Ce rapprochement pourrait redéfinir les circuits énergétiques mondiaux, annonçant des transformations significatives pour les décennies à venir.







