Quatre ans après le début de son invasion, la Russie de Vladimir Poutine se trouve enlisé dans un conflit qu'elle peine à gagner militairement. Avec des frappes menées jusqu’au cœur de son territoire et un isolement diplomatique accru, le Kremlin fait face à une crise majeure, alors que la résistance ukrainienne demeure robuste, surtout à l'aube du sommet de l'OTAN à Ankara.
Un échec militaire et politique total
D'après le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, le terme "défaite" mérite d'être nuancé, mais le constat est clair : "C'est un fiasco pour la Russie". Bien qu'elle contrôle environ 20% de l'Ukraine, elle n'a pas su renverser le pouvoir en place à Kiev.
Ce statu quo a un coût exorbitant. Les pertes humaines au sein de l'armée russe sont alarmantes, dépassant un million de soldats entre tués, blessés et capturés. Chaque mois, l'armée ukrainienne neutralise plus de 30 000 soldats russes ; une hécatombe que Moscou ne pourra pas compenser sans imposer une nouvelle mobilisation, une perspective rejetée par la population. Pour masquer cette insatisfaction croissante, le gouvernement impose une censure stricte, faisant interdiction sur les sondages, bloquant l'accès à Telegram, et limitant l'Internet mobile. Enfermé dans son bunker, Poutine est confronté à une grogne palpable qui touche également ses élites.
La situation se complique davantage avec les frappes ukrainiennes qui pénètrent désormais en profondeur, illustrées par l'incendie de la raffinerie de Kapotnia à Moscou, survenu le 17 juin. Ces attaques démoralisent le public russe et montrent l’ampleur du conflit. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avertit : "Si l'Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi".
Même les figures militaires russes ne sont pas à l'abri, comme en témoigne l'explosion, le 9 juin, de la voiture du colonel Damir Davydov, responsable des munitions. Parallèlement, Kiev intensifie ses frappes pour établir un "blocus logistique" de la Crimée annexée, poussant les autorités russes à suspendre la vente de carburant et à imposer des coupures de courant.
Poutine totalement isolé et "vassalisé"
Sur la scène internationale, le soutien à la Russie s'amenuise. Pendant que le G7 s'unit en France pour afficher sa solidarité et que Londres annonce l'envoi de 150 000 drones financés par des fonds russes gelés, Poutine perd des alliés au sein des pays émergents. "On ne voit ni Lula ni Naramuddin, l'Indien, se précipiter à Moscou", souligne le général Pellistrandi, ajoutant que "la Russie est désormais isolée, malgré les discours de Poutine". En revanche, l'Europe et le Canada intensifient leur budget de défense pour soutenir Kiev.
Le chef du Kremlin, qui espérait établir un rapport de force équivalent avec les États-Unis, échoue dans son entreprise. Isolé de l'Europe, il devient dépendant de la Chine pour son économie et de la Corée du Nord pour ses munitions. Comme le souligne le général Pellistrandi, la Russie est devenue "une puissance vassalisée".
Le rôle clé de Donald Trump et de l'OTAN
La suite de cette histoire se dessine lors du sommet de l'OTAN, prévu les 7 et 8 juillet à Ankara. Le positionnement de Donald Trump pourrait s'avérer crucial pour ouvrir un dialogue. "Alors qu'il n'existe pas de solution militaire pour la Russie, il devient impératif de trouver une issue", précise le militaire.
Aujourd'hui, le Kremlin est confronté à un choix difficile : sacrifier son économie pour poursuivre la guerre ou revoir ses ambitions à la baisse. Du côté ukrainien, malgré la fatigue suscité par les bombardements, la population reste déterminée. L’objectif immédiat est de s'engager dans un processus de négociation avant l'hiver, afin de protéger des civils qui ont déjà payé un prix terrible.







