Vendredi dernier, un groupe d'élèves de Polytechnique s’est exprimé lors de la cérémonie de remise de diplômes, mettant en lumière les problématiques morales de leur formation. Ils ont exprimé des inquiétudes sur le fait que l'école, reconnue pour son excellence en ingénierie, les prépare à créer des technologies sans tenir compte de leurs impacts potentiels. Déplorant cette approche, un intervenant a souligné que malgré le prestige de l'école, l'enseignement reçu les prépare souvent à servir des intérêts économiques nuisant à la société et à l'environnement (source : Le Monde).
« Si aujourd’hui nous sommes diplômés de Polytechnique, nos sentiments sont ambivalents. Nous sommes formés pour optimiser les profits sans nous interroger sur leurs conséquences, pour travailler avec des entreprises dont les actions nuisent à la planète ou alimentent des conflits. Nous rejetons cette réalité et nous nous battons pour changer les choses », ont déclaré deux diplômés sur scène, recevant des applaudissements de certaines familles présentes.
En réponse, la directrice générale de l'école, Laura Chaubard, a déclaré : « Nous partageons tous les préoccupations liées à l’environnement et aux événements de guerre actuels, mais vous vous trompez de cible. Vous attaquez la science et sa capacité à conduire vers le progrès » (source : Franceinfo). Sa déclaration a également été applaudie par une partie de l’audience.
Cette prise de parole a suivi l'interruption de la cérémonie par des étudiants portant des masques à l’effigie de dirigeants d’entreprises, dont Patrick Pouyanné de TotalEnergies et Bernard Arnault de LVMH, qui sont eux-mêmes des anciens de l'école. Ce geste visait à dénoncer les partenariats entre l'institution et le monde industriel. En parlant de ces interruptions, Chaubard a exprimé son regret que certains aient transformé cet événement académique en tribune militante.
Finalement, plus de 500 élèves-officiers ont reçu leur diplôme ce jour-là. Chaque année, environ 30 % des diplômés entreprennent une thèse, 50 % sont embauchés dans des entreprises industrielles ou technologiques, tandis qu'une quarantaine choisissent de s’engager dans l'armée, et une vingtaine intègrent la fonction publique.







