Alors qu'un corps, présumé être celui de Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue, a été retrouvé dans le Gers, les réactions à l'échelle gouvernementale ne se sont pas fait attendre. Le président Emmanuel Macron a dénoncé, depuis le Monténégro, des dysfonctionnements 'accablants' au sein des autorités, réclamant une réponse claire et rapide, sans excuse justificative.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a également souligné l'absence de rigueur des services publics, qualifiant la situation de 'inacceptable'. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, en réunion d'urgence, a exprimé son choc face à cette tragédie qui suscite un vif émoi dans le pays.
Lors d'une rencontre prolongée avec ses ministres à Matignon, Lecornu a exigé que les résultats d'une enquête administrative, confiée à l'Inspection générale de la justice et à la gendarmerie, lui soient présentés sous 15 jours. Cette démarche vise à établir les responsabilités et à faire la lumière sur les manquements qui ont conduit à cette affaire.
Le corps de Lyhanna a été découvert dans un emplacement agricole désaffecté, près de Puycasquier, à quelques kilomètres de Fleurance, où elle avait disparu le 29 mai. Les habitants de Fleurance, sous le choc, partagent leur peine. Natacha Berthonneau, 57 ans, témoigne : 'C'est dévastateur, je ne parviens pas à trouver le sommeil depuis quelques jours'.
La Dépêche du Midi a illustré l'indignation généralisée avec une affiche : 'Un corps retrouvé, un pays indigné'. Le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, a précisé que l'autopsie devrait permettre d'identifier formellement le corps et d'éclaircir les causes du décès, y compris d'éventuelles violences sexuelles, des résultats attendus d'ici la fin de la journée ou au plus tard samedi.
Jérôme B., le principal suspect, connu de Lyhanna en raison de l'amitié entre celle-ci et sa fille, avait déjà été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Un ancien employé de l'exploitation agricole où le corps a été retrouvé, il a été incarcéré après son arrestation.
La semaine a été marquée par des révélations problématiques concernant ses antécédents judiciaires, incluant plusieurs signalements pour des crimes graves. La procureure de la République d'Auch a dû justifier la non-application d'une circulaire pénale censée protéger les enfants victimes, laissant entrevoir des manquements administratifs sérieux.
Aurélien Martini, responsable de l'Union Syndicale des Magistrats, a exprimé son inquiétude face à la tendance à blâmer sans comprendre la complexité du système judiciaire et la surcharge de travail des tribunaux. Il a souligné que des circulaires multiples sont souvent émises sans réflexion sur la capacité des services à les suivre.
Le député du Gers David Taupiac a, quant à lui, alerté sur les difficultés persistantes du tribunal d'Auch, mettant en lumière des pénuries de personnel et des défauts technologiques. Eric Mouzin, père de la petite Estelle, a qualifié de 'surréaliste' l'étonnement des ministres face aux dysfonctionnements connus depuis longtemps.







