À deux semaines de son meeting capital, Bruno Retailleau, candidat LR à l'Élysée, subit une pression croissante sur sa candidature, entre l'appel à l'unité et les rivalités internes persistantes. Les tensions au sein de son parti se ravivent, peu avant une campagne déjà jugée ardue, sous l'ombre des divisions héritées de l'époque Macron.
Mercredi dernier, une image forte a captivé l'attention : Laurent Wauquiez, président des députés LR, affichant un large sourire au congrès des Jeunes Agriculteurs à Bourg-en-Bresse, aux côtés d'Édouard Philippe, ancien Premier ministre considéré comme un concurrent redoutable. Ce rapprochement suscite des interrogations sur la solidarité du parti face à l'émergence de l'ancien locataire de Matignon, jugé comme le candidat le plus en phase avec les électeurs, selon des sondages récents.
Tout en faisant appel à un rapprochement, Wauquiez a subtilement taclé Retailleau lors de son intervention, soulignant l'importance de bien se positionner lors de ce type d'événement. Par ailleurs, une correspondance révélatrice entre Retailleau et Jean-François Copé souligne les tensions internes ; le premier requérant des clarifications sur les propos ambigus du second concernant Philippe, créant ainsi un climat d'incertitude.
"Rassembler plutôt qu'exclure", a rétorqué Copé, une déclaration qui illustre les clivages au sein du parti. Face à ces critiques, le camp de Retailleau souligne que la clé d'une campagne réussie repose sur la certitude et la cohésion. Un membre de son équipe a même suggéré que des changements s'imposent avant le début effectif de la campagne de l'automne.
Malgré tout, l'ancien ministre de l'Intérieur peut s'appuyer sur un soutien significatif : 74 % des adhérents du parti valident sa candidature, confirmant son autorité en avril dernier. Toutefois, ce soutien est terni par des scènes d'autonomie qui ont eu lieu l'automne dernier lorsque plusieurs membres ont décidé de rejoindre le gouvernement, défiant le leadership du parti.
En cette période de tension, des figures comme Éric Ciotti, qui a récemment renforcé ses liens avec le Rassemblement National, appliquent une stratégie d'attraction envers les élus démissionnaires. Philippe, de son côté, vise une expansion de son propre groupe avec des promesses de rassemblement, une manœuvre qui passera nécessairement par une interaction avec Les Républicains.
Bruno Retailleau a fermement réagi aux rumeurs de fusion avec le maire du Havre, réaffirmant son désir de mener sa candidature jusqu'à la fin. Avec des intentions de vote oscillant entre 8 et 10 %, certains de ses supporteurs espèrent que cette dynamique puisse être inversée, en particulier si Gabriel Attal fait face à Philippe à l'automne, ce qui pourrait redéfinir les lignes de fracture au sein de la droite française.
Cependant, les scepticismes persistent. "Jusqu'au bout", prédit un ministre, allusion à la détermination du candidat tout en faisant savoir que sa position pourrait être ébranlée à l'approche des échéances. Le meeting du 20 juin à Paris constitue un moment crucial pour jauger l'unité du parti, étant scruté de près, tant par les alliés que par les détracteurs.
Des présences notables sont attendues, comme Gérard Larcher, Michel Barnier et Philippe Juvin, tandis que des absences significatives sont déjà annoncées, accentuant la pression sur Retailleau pour rassembler les différentes factions du parti dans une période de tumultes et d'incertitudes.







