À peine arrivé à la tête du gouvernement, Péter Magyar multiplie les visites à Bruxelles et dans d'autres capitales d'Europe. Après avoir mis fin au règne de Viktor Orbán, le nouveau Premier ministre hongrois s'efforce de prouver à ses partenaires que la Hongrie est prête pour un nouvel élan.
Après son passage à Varsovie, Bruxelles et Berlin, Péter Magyar est attendu à Paris le 3 juin pour une rencontre cruciale avec Emmanuel Macron. Arrivé au pouvoir début mai, il a conscience que l'Union européenne est disposée à soutenir le changement en Hongrie, et il souhaite en profiter pleinement.
Cette intention se concrétise avec le déblocage de 16 milliards d'euros de fonds européens, précédemment gelés par la Commission européenne en raison des dérives autoritaires du précédent régime. Magyar lui-même a commenté avec humour ce déblocage, déclarant que s'il pouvait gagner autant à chaque visite à Bruxelles, il s'y rendrait plus souvent. Cependant, ces fonds seront conditionnés à des réformes.
Les premiers symboles de la rupture avec l’ère Orbán
Les changements amorcés par Magyar sont principalement symboliques pour le moment, mais des gestes significatifs ont déjà été réalisés. Le plus marquant a été la levée du veto hongrois sur le versement de 90 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine, permettant ainsi de débloquer cette aide tant attendue par les Européens.
Depuis son arrivée au pouvoir, il s'emploie à sceller des marques de rupture avec l'ancien régime. Magyar appelle à la démission du président actuel, proche de Viktor Orbán, et promet de lutter contre la corruption liée à l'utilisation des fonds européens.
Il souhaite également revitaliser les institutions démocratiques en confirmant que la Hongrie continuera à faire partie de la Cour pénale internationale, tout en garantissant une presse libre. Un autre symbole fort de son mandat : le retour de la Gay Pride à Budapest, après son interdiction l'année passée par Orbán, qui avait suscité l'indignation à travers le continent.
Cependant, il est important de noter que Magyar n'est pas devenu un progressiste du jour au lendemain. Ancien diplomate sous Orbán, il a longtemps soutenu ses discours. Bien qu'il se considère désormais comme un conservateur pro-européen, il devra faire ses preuves pour gagner la confiance de ses homologues européens.
Cette rencontre avec Emmanuel Macron sera déterminante pour établir une relation de confiance, et pour montrer que son désir de transformation en Hongrie est réel et sincère.







