François Ruffin a qualifié sa BD "Picardie Splendor" d'"œuvre humaniste" lors d'une interview accordée à Libération, où il a eu l’occasion de se défendre face à des accusations de racisme depuis la publication de son ouvrage le 7 mai dernier. Le député et candidat à la présidentielle a affirmé que ses messages étaient d'une grande importance dans notre société fracturée.
Il a expliqué : "Mon antiracisme est un peu estampillé années 90, et cela se reflète dans ma BD. Je suis en dialogue avec des chercheurs et des militants, et il ne s'agit en aucun cas d'un propos raciste. Au contraire, le message central de l'œuvre aborde la précarité, l'angoisse du futur et bien sûr le racisme," a-t-il déclaré.
Dans cette bande dessinée, Ruffin s'efforce de capturer des récits de vie qui témoignent de ses interactions quotidiennes. "C'est une France fracturée, mais réparable", a-t-il ajouté dans une interview à BFM. Toutefois, certaines mises en scène ont été jugées problématiques, véhiculant des stéréotypes discutables sur des personnages issus de minorités.
Des images pouvant blesser
Un passage particulièrement commenté montre Ruffin dans un train, où une passagère noire est impliquée dans une échauffourée avec un contrôleur. Ruffin prend position pour défendre la passagère. Cependant, certains le critiquent pour la représentation biaisée de certaines scènes, conférant à un passager maghrébin une posture soumise.
"Ce n'est pas moi et je comprends que cela puisse heurter", a affirmé Ruffin concernant ces scènes controversées.
Reproches et réactions
Des membres de LFI, dont l'eurodéputée Emma Fourreau, ont vivement critiqué la BD, la qualifiant de "bourrée de racisme et de paternalisme." Aly Diouara, maire de La Courneuve, a accusé Ruffin de jouer le rôle de l'homme blanc sauveur dans ses récits, transformant des femmes issues des quartiers en simples figurantes de son histoire.
Le climat est tendu entre Ruffin et son ancien parti. Les accusations de racisme prennent racine dans des déclarations récentes de Ruffin sur l'immigration, provoquant de vives réactions. "Ruffin troque le rouge pour le brun en divisant les travailleurs", a réagi Andy Kerbrat, alors que Marine Tondelier a exprimé sa colère contre ses propos considérés comme provocateurs.
Lors d’un passage sur BFMTV, Ruffin a réitéré son opposition à l’immigration de travail, s’appuyant sur les préoccupations exprimées par Jean-Luc Mélenchon en 2018 concernant l'immigration et la pression sur les salaires. Ce débat, vieux de plusieurs années, prend une nouvelle ampleur avec la sortie de sa bande dessinée qui exacerbe les tensions au sein de la gauche.







