Lors de sa troisième défaite en 2022, le candidat lafiste semblait hésiter à poursuivre. "Faites mieux", avait-il lancé à ses soutiens, avant de publier un livre sur sa vision politique (Robert Laffont, 2024). Pourtant, il a récemment révisé sa position. La Nouvelle France, c'est lui !
À force d'entendre à l'extrême gauche qu'il est l'homme providentiel, il en vient à y croire. Jean-Luc Mélenchon, qui possède une estime de soi élevée, ne peut qu'accepter cette étiquette flatteuse. Ce qui semblait impensable il y a quelques mois, à savoir sa présence possible au second tour, est désormais envisagé par des politologues. Il pourrait y affronter le RN, avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Bien que les configurations politiques changent, cela ne modifie pas fondamentalement mon avis.
Souriant comme rarement, sur TF1
Son apparition sur TF1 avec Anne-Claire Coudray a révélé une transformation. D'un Mélenchon habituel, il est passé à celui qui se prépare pour une ambition présidentielle manifeste. Aucune remise en question interne ne semble nécessaire. S'engager à se représenter, même sans un débat direct, semble devenu la norme. Les enquêtes d'opinion, pourtant en sa défaveur, ne semblent pas l’inquiéter. Son désir d’être perçu comme essentiel continue de régner, suscitant l'inquiétude parmi ceux qui l'entourent, comme Manuel Bompard ou Clémence Guetté. Leur silence face à une situation potentiellement suicidaire est déconcertant, surtout sachant que leur passivité pourrait servir le RN.
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Il y a, dans l'attitude de Mélenchon et celle de ses soutiens, un manque de lucidité alarmant. « Je vais y retourner, peu importe le résultat », déclare-t-il. Mais comment peut-il affirmer qu'il battra Marine Le Pen ou Jordan Bardella dans ces conditions ? La politique engendre-t-elle un tel détachement de la réalité, pour Éliser des présomptions infondées ?
Comme Beregovoy, aussi vite que Senna, il veut atteindre le Nirvana
La psychologie semble être la clé pour comprendre le parcours de Jean-Luc Mélenchon. Ancien sénateur socialiste, il a évolué vers une figure quasi révolutionnaire. Cette métamorphose l'a rendu populaire dans un monde politique en quête de verbe et d'authenticité. À l’approche de l'élection présidentielle, cette aspiration pourrait s'avérer décisive pour sa carrière. Il critique la vanité d'Emmanuel Macron, mais s’il accédait au pouvoir, ses propres ambitions pourraient lui faire courir un risque comparable. Son désir d'atteindre un idéal républicain semble, par contre, prêt à sacrifier des chances de victoire pour lui-même et pour la France.







