La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public clôture quatre mois d’auditions tendues, prélude à un rapport qui risque de susciter de vives controverses.
Après quatre mois d'intenses échanges, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public arrive à sa conclusion. Pour clore ce chapitre tumultueux, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, sera de nouveau mise à l’épreuve par les députés, notamment le rapporteur Charles Alloncle (UDR, proche du RN). Ce dernier, souvent critiqué pour son approche jugée abusive, a su captiver une partie de l'opinion publique, surtout parmi ceux qui contestent le modèle de l’audiovisuel public.
Cette commission fait suite à une demande du parti d’Éric Ciotti, à la suite d’une vidéo controversée ciblant des journalistes en conversation avec des membres du Parti socialiste. Ce contenu a ravivé les accusations de partialité dans les médias publics envers la gauche.
Dialogues de sourds
Les 67 auditions, rassemblant 234 témoignages, ont été marquées par de nombreux incidents sarcastiquement relayés sur les réseaux sociaux. Fréquemment, ces échanges s’apparentaient à des dialogues de sourds, où le député et ses interlocuteurs semblaient s’ignorer, chacun accusant l'autre de biais.
Lors de sa première audition, Delphine Ernotte Cunci avait exprimé le désir d'éviter un « prisme de l’anecdote ». De son côté, Xavier Niel, fondateur de Mediawan, a employé le terme « cirque » pour qualifier le déroulement des auditions, accusant Charles Alloncle de diffuser des « fake news ». Alloncle, quant à lui, entend que son enquête a révélé un « système de gabegies largement assumé », dénonçant ainsi un « système de castes et de privilèges ».
D'après le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), malgré les tensions, les travaux ont mis en lumière la nécessité d’un « encadrement plus rigoureux des cumuls d’activité chez certaines personnalités du service public », une préoccupation posée lors des auditions de prestigieux animateurs tels que Samuel Étienne ou Léa Salamé.
Des sujets essentiels passés à la trappe
Nathalie Sonnac, professeure en sciences de l’information à l’Université Paris-Panthéon Assas, évoque un « grand gâchis », soulignant que la commission a éludé des « enjeux majeurs », comme « la concurrence des grandes plateformes » comme YouTube, qui ne subissent pas les mêmes régulations que la télévision traditionnelle. Céline Calvez, députée macroniste, regrette que la commission n'ait pas abordé les questions fondamentales concernant les missions de l’audiovisuel public dans le paysage médiatique contemporain.
Charles Alloncle a désormais la tâche de rédiger un rapport qui sera ensuite soumis à la lecture et au vote des membres de la commission dans un délai de quinze jours. En cas de rejet, situation rare, il se pourrait que les résultats ne soient pas rendus publics.
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