Alors que les tensions geopolitiques ne cessent d'escalader, les habitants d'Israël se retrouvent propulsés dans une course effrénée pour sécuriser leur avenir. Face aux menaces de missiles provenant d'Iran, du Liban ou du Yémen, la nécessité de se protéger s'intensifie. Ainsi, la demande pour des abris privés connaît une flambée sans précédent.
Dans des villes comme Tel-Aviv, chaque jour commence par les sirènes stridentes signalant une nouvelle alerte. La population se rue vers les abris, qu'ils soient publics ou installés dans des immeubles. Parmi eux, des abris privés, produits par des entreprises locales, attirent particulièrement l'attention. Omer Benabo, patron de la société Ofarmi, témoigne : "Nous avons des abris spacieux, et la demande pour les modèles plus petits est particulièrement forte." Le prix d'un tel abri peut atteindre 42 000 euros, mais ce montant ne dissuade pas les acheteurs. En seulement deux semaines, 80 bunkers ont été vendus, un rythme dix fois supérieur à la normale.
Les demandes affluent, au point qu'un client a même proposé 150 000 euros pour obtenir un abri immédiatement chez lui. En route vers le nord, près de la frontière libanaise, la présence militaire est omniprésente. Dans le village de Hazon, une famille a récemment investi dans un bunker coûtant 25 000 euros, tout en partageant leurs craintes : "Mes parents, âgés de plus de 70 ans, doivent parcourir une certaine distance pour se protéger," confie une habitante.
Une majorité d'Israéliens sans abri
Chaque livraison de bunker devient un véritable défi logistique alors que les alarmes se déclenchent à chaque instant, inquiétant encore plus les personnes présentes. Malgré les efforts déployés, une majorité d'Israéliens, soit environ 56 %, vivent sans abri dans leur logement. Dans certaines villes, notamment celles à forte population arabe, les abris publics sont quasi inexistants. Mazem Ghanayem, maire de Sakhnin, exprime l'urgence de la situation : "Notre ville est également une cible. Le gouvernement doit agir et investir dans des abris pour assurer la sécurité de tous." En moyenne, les Israéliens sont contraints de se rendre dans des refuges antimissiles plus de cinq fois par jour.







